L’observatoire du financement des entreprises publie son rapport 2025 sur le thème « La situation des entreprises : un financement assuré, mais une vigilance nécessaire face à des incertitudes renforcées qui justifient une évolution de l’accompagnement ». Ce dernier rapport préparé sous ma présidence est l’occasion de rappeler plusieurs messages importants.
D’abord, nos entreprises ont été résilientes au travers des différentes crises traversées au cours des dernières années. Si ce constat global ne doit pas occulter des difficultés individuelles, les données objectives établies à partir de plus de 1,5 million de bilans montrent une progression du chiffre d’affaires. Elle est certes ralentie dans un contexte de faible croissance, mais sans récession. De leur côté, le taux de marge a continué à résister et le taux d’endettement des TPE-PME à reculer ; quant à la trésorerie, elle reste supérieure à la moyenne prépandémique, dans un contexte de légère baisse du besoin en fonds de roulement.
Un enjeu de place : comprendre
les défaillances
Le financement des entreprises reste globalement assuré avec une contribution limitée des financements de marché et des coûts de financement à mettre en perspective avec les effets attendus de la baisse des taux. Malgré les très nombreuses alertes infondées, le remboursement des prêts garantis par l’État se poursuit. Là encore, cela n’exclut pas des difficultés pour certaines entreprises : elles doivent se saisir le plus tôt possible des dispositifs d’accompagnement qui ont été mis en place pour permettre des restructurations. Dans ce contexte, l’accès des entreprises au crédit bancaire reste assuré. Pour preuve, la médiation du crédit est peu – et de moins en moins – sollicitée.
Fait significatif des dernières années, malgré les crises successives : la forte dynamique entrepreneuriale avec un nombre élevé de créations d’entreprises. Bien évidemment, avec un retour à « la normale » de la gestion de l’activité économique, il y a un accroissement des défaillances avec des impacts accrus car elles touchent des entreprises de taille plus importante. En la matière, le rapport met toutefois une grave lacune des analyses existantes. Si l’on est en mesure d’identifier les principales causes des défaillances (rattrapage, sortie des aides, conjoncture, baisse de la demande et transformation des marchés, problèmes de trésorerie et retards de paiement, mauvaise gestion), on manque cruellement d’analyses précises pour identifier plus précisément les facteurs expliquant la situation des 65 000 entreprises défaillantes. Les données existent : il est urgent de se mettre en capacité de les exploiter pour mieux définir les actions nécessaires.
Travailler simplement pour éviter
les liquidations
Le rapport met aussi en avant l’accroissement des incertitudes et le ralentissement économique. Autant d’éléments justifiant le renforcement du besoin d’évolution des mécanismes d’accompagnement des entreprises. L’accompagnement des entreprises est indispensable et le message repris dans le rapport de l’Observatoire est celui porté dans le rapport remis en avril dernier. Le sujet sur la détection précoce et le soutien aux entreprises en difficulté a déjà été évoqué dans un rapport d’avril dernier et il mérite d’être martelé.
Si nous voulons collectivement répondre aux défis de nos entreprises, il est essentiel de faire évoluer nos approches. C’est le principe du « aller vers » qu’il faut désormais mettre en œuvre. De nombreux rapports antérieurs le demandaient, ils n’ont pas été suivis d’effets. Il faut donc agir pour que les principaux partenaires de proximité des entreprises (experts-comptables, banques, administrations fiscale et sociale, tribunaux de commerce etc.) alertent les entreprises quand des fragilités sont identifiées. C’est le seul moyen de sortir l’entreprise de son déni et de sa honte des difficultés : un accompagnement sollicité assez tôt sera couronné de succès dans 70 % des cas ! Sinon, la liquidation de l’entreprise sera la seule solution avec les impacts sur les emplois, le savoir-faire, nos territoires.