Un label « simple, pratique et avec un impact réel » selon les termes employés par Éric Lombard, ministre de l’Économie et des Finances : plusieurs pays européens ont annoncé début juin leur volonté de créer un label « Finance Europe ». Il sera destiné à diriger l’épargne des Européens vers le financement de l’économie de l’Union européenne. Parmi les signataires : France, Espagne, Portugal, Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg et Estonie. Parmi les absents, Belgique et Italie...
Cette initiative politique vise à accomplir sans plus attendre un premier pas pour donner corps à l’« Union de l’épargne et de l’investissement ». Il s’agit d’inciter à injecter dans l’économie les milliers de milliards d’euros d’épargne européenne. En pratique, il ne s’agit donc pas d’un nouveau produit financier européen, émanant d’une réglementation. Elle n’est pas non plus censée ajouter de la complexité à la réglementation existante. La création de produits, ou l’adaptation de produits existants, correspondant à ce label procède d’une démarche volontaire de la part de chaque État membre. A priori, le label « Finance Europe » évite les écueils des précédentes initiatives, à l’instar du PanEuropean Personal Pension Product (PEPP), qui fut un véritable échec.
Des critères clairement définis
Le label Finance Europe sera attribué à des produits nationaux répondant à divers critères. 70 % devront être investis dans l’Espace économique européen. L’horizon d’investissement devra être de cinq ans minimum. Les financements en fonds propres devront être une priorité et les produits labellisés ne feront pas l’objet de garantie en capital. Comme le manque de disponibilité de l’épargne et l’aversion au risque constituent des freins à l’investissement des particuliers dans l’économie européenne, chaque État membre est invité à les doter d’incitations fiscales.
Voilà pour la théorie. Si cette initiative politique n’est pas contrainte par la lenteur des processus législatifs européens, elle nécessitera malgré tout un certain temps avant d’être déployée. Pas avant 2026 ! La France, par exemple, va devoir plancher sur sa stratégie pratique. Faudra-t-il labelliser des produits actuels, comme par exemple le plan d’épargne en actions ? Ou en créer de nouveau, complexifiant un peu plus un paysage de l’épargne déjà encombré ?