La « grande transmission » implique de grands défis pour les conseillers

Créé le

15.04.2026

-

Mis à jour le

20.04.2026

Le vieillissement de la population va conduire à une forte hausse des capitaux transmis durant les quinze prochaines années. Ce qui implique un véritable enjeu d’accompagnement et de rétention pour les conseillers bancaires.

La population française est composée d'autant de personnes âgées de 65 ans et plus que de jeunes de moins de 20 ans. « En 30 ans, le nombre de seniors a été multiplié par près de deux tandis que le nombre de moins de 20 ans est resté stable », soulignent les analystes de l’Observatoire de BPCE. Cette évolution induit des enjeux liés au transfert massif de richesses à venir avec la disparition progressive de la génération des baby-boomers, phénomène désigné sous le terme de « grande transmission ». En effet, le nombre de décès a significativement augmenté depuis 2010 – on a comptabilisé 648 000 décès en France en 2025 – et l’Insee table sur une poursuite de cette hausse à un rythme de 1,2 % par an d’ici 2040.

Or les retraités détiennent 41 % du patrimoine net des Français, estimé à 15 000 milliards d’euros. Les sommes en jeu sont donc colossales : entre les successions et les donations, les flux transmis sur les quinze prochaines années devraient atteindre, en cumulé, 6 246 milliards d’euros, selon BPCE. Ce chiffre est supérieur de 47 % à celui observé sur les quinze dernières années. Or « seul un Français sur quatre a commencé à transmettre une partie de son patrimoine ou rédigé son testament », rappelle José Bardaji, directeur Études et Prospective du groupe BPCE.

L'accompagnement est donc indispensable, d’autant que 42 % des personnes intégrées dans le cadre du Baromètre Épargne & Placements BPCE-Audirep soulignent la complexité de la transmission parmi les principales difficultés, juste derrière le coût. À noter que la moitié des Français se disent prêts à renoncer à un héritage au profit de leurs enfants. D’ailleurs, la part des sondés ayant reçu de l’argent de leurs grands-parents (par donation) est plus élevée chez les moins de 50 ans que dans les tranches d’âge supérieures.

Ces enjeux sont clés pour la pérennité de la relation lors des transferts de capitaux. Or, selon le rapport sur la grande transmission de Natixis IM, plus de la moitié des conseillers français considèrent cette transition comme une menace pour leur activité. « Le fossé générationnel constitue un défi majeur pour les conseillers. Les différences d’intérêts et d’expériences entre investisseurs impliquent de repenser les relations, d’ajuster les stratégies d’investissement et de faire évoluer les offres de services », souligne Dave Goodsell, directeur du Center for Investor Insight de Natixis IM.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº916