L’open banking a révolutionné le secteur au milieu des années 2000. Cette innovation permet à des prestataires de services financiers tiers d’accéder aux données bancaires des clients, avec leur consentement explicite. Ils peuvent alors proposer des services à forte valeur ajoutée. La France est très avancée en la matière car l’open banking pallie notamment l’absence du fichier positif existant dans les autres pays européens, en permettant l’analyse du risque crédit en temps réel. Depuis quelques années, une autre innovation, plus complète et ambitieuse, a fait son apparition : l’open finance. En incluant l’ensemble des données financières (épargne, assurance, etc.), ce nouvel outil ouvre le champ des possibles.
Plus de sécurité
Contrairement à ce que certains pourraient penser, l’ouverture des données n’a pas fragilisé la sécurité des opérations bancaires. Bien au contraire : très vite, la Banque Centrale Européenne (BCE) a encadré ces activités pour protéger les consommateurs avec la mise en place de la directive sur les services de paiement (DSP) adoptée en 2007, puis révisée une dizaine d’années plus tard sous le nom de DSP2. Cette directive introduit des exigences pour les prestataires de services de paiement en Europe, notamment l’ouverture des interfaces de programmation d’applications (API) des banques aux tiers autorisés. Avec l’arrivée imminente de l’open finance – qui étend donc le partage de données à toute la sphère financière –, une nouvelle directive, la DSP3, est en ce moment en discussion à Bruxelles. Elle devrait apporter une protection accrue des clients tout en offrant de nombreuses perspectives en matière d’open banking et d’open finance. À cela s’ajoute le règlement général pour la protection des données (RGPD), qui permet au client de prendre pleinement le contrôle de ses datas et d’autoriser spécifiquement les informations à partager, avec qui et pour quelle durée. Cela renforce la confidentialité et garantit que le client reste maître de ses informations financières.
Plus de services
L’open banking et l’open finance ont d’autres atouts. Ils constituent de véritables boucliers antifraude pour les consommateurs. Grâce à une authentification forte et un flux de données automatisé, ils garantissent que les clients sont bien ceux qu’ils prétendent être et réduisent de fait les usurpations d’identité, estimées à près de 200 000 en France chaque année. Ces dispositifs sont aussi un levier pour réduire le risque d’endettement en donnant accès en temps réel à des informations précises sur la solvabilité des clients.
Ces avantages bénéficient aux organismes financiers. L’open finance et l’open banking empêchent toute falsification de documents et donnent la possibilité aux banques de se prémunir des risques d’insolvabilité d’un client via la récupération de données vérifiées nécessaires à l’analyse du dossier client. Ces innovations leur offre aussi l’opportunité de proposer un meilleur parcours client : plus fluide et simple avec l’automatisation des contrôles de connaissance du client (KYC) et de lutte contre le blanchiment.
L’open banking et l’open finance seront également un socle pour diversifier les services financiers et offrir aux consommateurs une variété de produits et de solutions adaptées à leurs besoins spécifiques.
Dans ce contexte, les acteurs bancaires et financiers doivent encourager l’adoption de ces outils pour renforcer le bouclier de protection de nos clients et en faire un véritable levier business, aux côtés des fintechs.