Restructuration

L’ex-RBS redevient une entreprise privée

Créé le

18.06.2025

-

Mis à jour le

23.06.2025

Dix-sept ans après avoir été renflouée par l’État britannique, l’ancienne Royal Bank of Scotland sort de la tutelle publique.

Symbole des pires excès de la crise financière, l’ancienne Royal Bank of Scotland (RBS) a enfin retrouvé le chemin du privé. Le gouvernement britannique a en effet cédé fin mai ses dernières actions dans NatWest, héritière de RBS, officialisant ainsi une perte de 10,5 milliards de livres depuis le sauvetage du groupe bancaire par les contribuables, 17 ans plus tôt.

Tout commence par une fusion XXL : en avril 2007, un consortium dirigé par RBS ainsi que Fortis et Banco Santander, lance une offre de 71 milliards d’euros, le plus gros rachat bancaire de l’histoire, sur la néerlandaise ABN Amro. Elle sera ensuite démantelée et répartie entre les membres du consortium. À l’occasion de ce découpage, RBS reprend les activités de gros d’ABN et sa filiale américaine LaSalle. Or, la proie avait dissimulé ses énormes actifs toxiques liés aux subprimes.

Des subprimes à la banque de détail

Résultat, en 2008, RBS accuse la plus forte perte jamais enregistrée par une société britannique. Par deux fois, en 2008 et 2009, Londres sera contrainte d’injecter des fonds pour un total de 45 milliards de livres contre une participation de 84 %. En échange de ce sauvetage, la banque, qui avait connu une expansion météorique de 2000 à 2008, doit se séparer de son directeur général. En poste depuis 2001, l’Écossais Fred Goodwin, surnommé Fred the Shred (le « déchiqueteur ») en raison de son style de gestion impitoyable, cède sa place à Stephen Hester. Sous sa direction puis celle du Néo-Zélandais Ross McEwan à partir de 2013, la banque subira une cure d’amaigrissement drastique et un recentrage vers la banque de détail domestique.

Les efforts finissent par payer : 2017 signe le retour à la rentabilité. Un an plus tard, RBS verse ses premiers dividendes depuis la crise. Rebaptisée Natwest en 2020 – l’une de ses marques commerciales –, la banque passe entre les mains d’Alison Rose, l’une des rares femmes à la tête d’une banque européenne. Contrainte à la démission en juin 2023 après un scandale politique impliquant le politicien d’extrême droite Nigel Farage, elle sera remplacée par l’actuel DG Paul Thwaite. Ce dernier n’a pas caché son désir de procéder à des acquisitions. Selon le Financial Times, Santander aurait ainsi rejeté une offre de 11 milliards de livres de NatWest pour sa banque de détail britannique au début de l’année.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº906