Sur un an, les tarifs bancaires ont augmenté de 3,1 % en moyenne selon le dernier rapport du Comité consultatif du secteur financier (CCSF), paru le 7 octobre dernier. Ce chiffre correspond aux calculs de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Au-delà, comme tous les ans depuis plus d’une décennie, le CCSF a étudié les tarifs bancaires en détail. Son étude a été réalisée sur un panel de 103 établissements, représentant 99 % des parts de marché, incluant pour la première fois cette année N26, Nickel et Revolut. L’objectif ? Tenir compte du développement des banques en ligne et des établissements de paiement.
10 services sur 14 en hausse
Si la hausse moyenne peut paraître élevée au regard du niveau d’inflation sur la période (1% selon l’Insee), le CCSF rappelle que les prix des services bancaires sont restés quasiment stables au cours de l’année 2023, malgré une inflation élevée. La hausse des coûts s’est donc opérée avec retard en 2024, puis 2025. Et elle a été largement répartie dans la grille des services étudiés (voir tableau), le rapport soulignant que « 10 des 14 principaux services bancaires affichent une hausse ». L’augmentation la plus marquée est celle des frais de tenue de compte : ils progressent de 8,95 % pour atteindre 21,78 euros par an en moyenne en avril 2025.
Le prix annuel des cartes de paiement a également augmenté, représentant un budget de 44,27 euros pour une carte de paiement internationale à débit immédiat (+2,98 %) et de 44,23 euros pour une carte de paiement internationale à débit différé (+2,91 %). A contrario, les prix de certains services bancaires baissent : tel est cas des abonnements à des services de banque à distance. Ce service est désormais fourni gratuitement dans 95 % des établissements du panel.
Des découverts désormais
passés au crible
« L’impact sur les clients varie selon les services concernés et leur utilisation », souligne le rapport. En effet, certaines lignes de frais, bien qu’en croissance, concernent peu de clients, à l’instar du prix du premier retrait à un distributeur automatique de billets (DAB) hors réseau. En effet, le nombre de retrait mensuel moyen par client, en baisse, s’établit bien en dessous du nombre de retraits gratuits hors réseau généralement inclus dans les offres bancaires.
Nouveauté 2025 : l’Observatoire des tarifs bancaires a examiné – à la demande du ministre de l’Économie et des Finances – l’évolution de la facturation des découverts. Cela fait suite à la mise en lumière, il y a deux ans, de prélèvements spécifiques tels que des minima forfaitaires pour les petits découverts ou bien des frais de gestion liés à l’autorisation de découvert prélevés par certains établissements. Cette édition montre une stabilité de ces usages parmi l’échantillon observé, mais une baisse moyenne des tarifs pratiqués, de 5,8 %. Selon la Fédération bancaire française (actionnaire de La Revue Banque), ce rapport « confirme la trajectoire maîtrisée dans le temps des prix des services bancaires », soulignant que l’évolution des prix en 2025 s’explique par deux facteurs clés dans les charges des banques : les systèmes d’information et le capital humain.