C’est la fin d’un long feuilleton démarré en mai 2024. Vendredi 16 octobre en soirée, le numéro deux de la banque espagnole BBVA annonçait son intention d’abandonner son offre publique d’achat (OPA) sur Sabadell. Contre toute attente, la banque de Carlos Torres Vila n’a obtenu qu’un taux d’acceptation de 25,47% à son OPA, soit moins que le seuil minimum de 30% qu’elle s’était fixée.
Tirant rapidement les leçons de cet échec, le dirigeant de BBVA a préféré regarder vers l’avenir en réitérant son intention d’obtenir un bénéfice attribué cumulé au cours des quatre années à horizon 2028 d’environ 48 milliards d’euros et de disposer de 36 milliards pour rémunérer ses actionnaires. Carlos Torres Vila a même décidé d’accélérer le tempo : le 31 octobre, soit le lendemain de la publication des résultats semestriels de BBVA, la banque lancera le programme de rachat d’actions en attente d’environ un milliard d’euros. Le 7 novembre, elle versera un dividende de 32 centimes d’euro par action, pour un total de 1,8 milliard d’euros. Après obtention du feu vert de la BCE, BBVA s’engage aussi à lancer “un programme supplémentaire important de rachat d’actions”.
Belote, rebelote et play again...
C’est la deuxième fois que Carlos Torres Vila essuie un échec dans sa volonté de conquête de Sabadell. Pas question pour autant de démissionner. Lors d’une conférence de presse vendredi 17 octobre au matin, le dirigeant a réitéré que la poursuite de sa gestion à la tête de la banque ne dépendait pas de l’issue de l’OPA, qualifiée d’ “opportunité perdue pour tous”.
Du côté de Sabadell, l’ambiance était plutôt à la fête : le président Josep Oliu s’est félicité de la possibilité de continuer à servir les besoins de ses clients de façon indépendante. L’objectif est maintenant de mettre en œuvre le plan stratégique à horizon 2027 annoncé fin juillet. La banque catalane a notamment l’intention de reverser 6,45 milliards d’euros à ses actionnaires durant cette période. Stéphanie Salti