Rapport annuel

Epargne réglementée : ces messages de Villeroy de Galhau aux banquiers

Créé le

18.07.2025

-

Mis à jour le

09.09.2025

C’est au lendemain de l’annonce par le ministère de l’Economie et des Finances de la baisse du taux du Livret A à 1,7 %, au 1er août prochain, sur proposition de la Banque de France, que François Villeroy de Galhau, le gouverneur de l’institution monétaire, présentait le rapport annuel sur l’épargne réglementée. L’occasion de faire passer quelques messages aux acteurs bancaires. Le premier d’entre eux ? On compte sur vous pour mettre en avant le Livret d’épargne populaire (LEP) auprès de votre clientèle éligible. Pour mémoire, il faut avoir un revenu fiscal de référence inférieur à un plafond dépendant de la situation familiale du foyer fiscal (22 823 euros pour un célibataire, 35 013 euros pour un couple sans enfant ou 47 203 pour un couple avec deux enfants).

Un bonus et un objectif

Depuis quelque temps, la vérification peut se faire non en contrôlant les documents des clients, mais par interrogation de l’administration fiscale pour s’assurer de l’éligibilité. Bien pratique ! Alors que le nombre de LEP a légèrement diminué au printemps, sous l’effet saisonnier notamment des fermetures liées à la perte d’éligibilité de certains, la Banque de France réaffirme son soutien majeur au produit. En témoigne un « bonus » de 50 points de base, accordé à son futur taux (2,7 %), alors que l’application stricte de la formule le fixait à 2,2 %.

Fin décembre 2024, le nombre de LEP s’établissait à 11,9 millions de personnes. Pour le Gouverneur, « beaucoup de progrès ont été faits ». En témoigne par exemple le taux de détention des LEP par les clientèles fragiles : il est passé de 3 % en 2018 à plus de 7 % en 2024. Mais François Villeroy de Galhau ne veut pas s’arrêter là. Alors que la tendance naturelle devrait amener le nombre de détenteurs à 12,2 millions d’ici la fin de l’année, la Banque de France vise un objectif de 12,5 millions. La Direction générale des Finances publiques mettra la main à la pâte, avec une nouvelle campagne de courriels auprès des contribuables concernés, mais non équipés. Comme elle le fit en 2022 et 2023. Et les banquiers sont, eux aussi, invités à faire passer le mot à leur clientèle.

Satisfecit pour le respect des engagements

L’autre message aux banquiers était un satisfecit. En 2024, l’épargne réglementée a continué à se comporter de manière asynchrone. Avec une épargne logement en sensible déclin (-30 milliards) et des livrets – Livret A, Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et LEP –, en forte dynamique (+50 milliards). Si une partie majoritaire de cet argent est centralisée dans le fonds d’épargne de la Caisse des Dépôts, le solde reste dans les bilans bancaires. Avec des obligations d’emplois au profit des petites et moyennes entreprises, héritage du Codevi, l’ancêtre du LDDS, mais aussi à la transition énergétique et à l’économie sociale et solidaire. Commentant les chiffres des encours (voir ci-dessous), le gouverneur a reconnu que les banquiers faisait bien mieux que leurs exigences réglementaires.

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À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº907