Protection des clientèles

Dix ans – et toujours des sujets ! – pour l’Observatoire de l’inclusion bancaire

Créé le

22.04.2025

-

Mis à jour le

28.04.2025

L’Observatoire de l’inclusion bancaire réunit acteurs publics, des secteurs social et bancaire. Une décennie de travaux menés conjointement pour protéger les populations fragiles financièrement ont été salués. Mais il reste du travail...

Garantir l’accès aux services bancaires, protéger les consommateurs financiers les plus fragiles, grâce à un partenariat entre acteurs public et privés, autorités, associations, secteur bancaire... l’Observatoire de l’inclusion bancaire a célébré ses dix ans d’existence fin mars 2025. Cet anniversaire a été fêté en présence de Pierre Moscovici, Premier Président de la Cour des comptes, à l’initiative de la création de l’Observatoire, via une loi promulguée en 2013, alors qu’il était ministre des Finances.

François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, a exprimé sa satisfaction quant à la « qualité » de ce partenariat et aux progrès accomplis. Même si les études internationales sont plus critiques quant au soutien de l’Etat pour favoriser l’inclusion financière (voir ci-dessous). Il a par exemple salué la progression du nombre de bénéficiaires de l’Offre Clientèle Fragile. Ils bénéficient d’une politique tarifaire adaptée de la part des établissements bancaires. En décembre 2023, 4,3 millions de personnes étaient identifiées comme « fragiles financièrement ». Cela représente une hausse de 86 % par rapport à 2015, due principalement à un meilleur repérage, selon François Villeroy de Galhau.

L’accompagnement des populations vulnérables a également été renforcé par la stratégie d’éducation financière déployée depuis 2016 par la Banque de France, intitulée « EducFi ». Depuis 2022, des conseils départementaux d’inclusion financière aident à déployer un accompagnement adapté aux problématiques locales, tout comme les 500 « Points Conseils Budget » disséminés sur le territoire, ainsi que d’un accès facilité au micro-crédit. Son encours a atteint pour la première fois 2 milliards d’euros fin 2023.

Le surendettement repart

Les chiffres publiés à l’occasion de cet anniversaire sont positifs. En 2024, 29 300 désignations de droit aux comptes ont été effectuées, après un pic de 68 775 en 2015. Le nombre de dossiers de surendettement a diminué de 42 % par rapport à 2014. Les obligations réglementaires, notamment la loi Lagarde et les règles liées au crédit à la consommation, ont joué un rôle indéniable dans la protection des consommateurs. Le gouverneur de la Banque de France a d’ailleurs rappelé l’impératif de consulter le Fichier national des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers (FICP) avant l’octroi d’un crédit. Mais le surendettement connaît un regain depuis la fin de l’année 2023.

François Villeroy de Galhau a en outre rappelé la nécessité de rester vigilant, invitant les banques à poursuivre leurs « efforts ». La décrue de l’inflation laisse entrevoir une situation moins difficile pour les publics fragiles financièrement, mais la diffusion croissante de produits tels que le Buy now Pay Later (paiement en plusieurs fois) fait peser des risques nouveaux, notamment sur les plus jeunes. La transposition de la directive sur le crédit de la consommation devrait cependant permettre de mieux les encadrer, selon le gouverneur de la Banque de France.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº904