Comment Trade Republic répond aux attentes exprimées par les jeunes

Créé le

17.04.2025

-

Mis à jour le

28.04.2025

La génération Z sait l’avenir incertain, mais affiche une farouche capacité d’adaptation et volonté de se prendre en main. Les produits et les méthodes de communication d’hier ne lui sont plus adaptés. Pour autant, répondre aux besoins est un enjeu majeur pour le monde de la finance, aussi bien pour des raisons économiques que pour assurer un bon financement de l’Europe.

L’argent est un objet culturel dont la perception et l’utilisation dépendent avant tout du contexte politique, économique et social. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce contexte a énormément changé pour les particuliers français et européens depuis l’an 2000. Bref, en une génération. Parmi les faits notables : l’effondrement du pouvoir d’achat des Européens par rapport à celui des Américains, le vieillissement de la population et l’effondrement programmé des retraites, l’endettement massif des États, le changement climatique, la montée en puissance du Sud global, l’émergence des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle... Chocs et ruptures sont nombreux !

Au milieu de tout cela, la génération Z. Elle est née dans un monde qui voit le tragique revenir dans l’Histoire, un monde inquiétant à juste titre, qui nécessite de protéger son présent et son avenir. C’est d’ailleurs le marqueur culturel de cette génération. Elle se prend en main. Elle veut savoir. Elle challenge l’ordre établi. C’est une génération « Transitions », habituée à évoluer dans un monde de plus en plus incertain et à s’y adapter.

Do your own research

Pour être à leur contact depuis quatre ans au quotidien sur les plateformes sociales, je peux ici affirmer que cette génération n’a pas de tabous ou d’idéologie autour de l’argent. Elle est pragmatique et concrète. Elle est tournée vers l’action. Y compris pour son épargne. Sans tabous, elle cherche à comprendre et maîtriser. Son slogan ? DYOR pour « Do Your Own Research ».

Avec la peur pour son avenir mais également une envie farouche d’être en contrôle, cette génération Z a décidé d’investir par elle-même. Les chiffres de vente de mon livre Prenez votre argent en main en sont un marqueur ; les millions d’ouvertures de comptes partout en Europe chez Trade Republic, en quelques trimestres, en sont un autre. De même que l’émergence rapide et forte des plans d’épargne en ETF, ces fonds cotés, comme outil d’investissement retraite. Les centaines de milliers de nouveaux membres du forum Redditt « Vos Finances » constituent également un marqueur culturel.

Ce phénomène est donc bien réel et massif : les jeunes investissent à long terme pour protéger leur avenir. Cette rupture générationnelle commence tout juste à impacter l’industrie bancaire et financière. La sous-estimer, c’est être assuré de disparaître à terme. La génération Z n’a ni le choix, ni le temps : elle doit prendre son argent en main. Notre industrie a le devoir de comprendre ce phénomène pour s’adapter et servir au mieux les besoins de cette nouvelle génération d’Européens. Le temps est compté.

L’appauvrissement et les difficultés génèrent l’attention

La décennie 2020 s’est ouverte sur la crise du COVID. Elle a paralysé les chaînes d’approvisionnement mondiales, mais a aussi rappelé les intrications liées à la mondialisation et les vulnérabilités d’une machine qui fonctionnait avec une telle précision qu’elle semblait parfaite. Alors que le monde pensait pouvoir respirer, une nouvelle crise est survenue et a impacté une économie mondiale en reprise : la guerre en Ukraine a été un douloureux rappel que la fin de l’Histoire n’existe pas, que celle-ci continue, et que les conflits géopolitiques ne sont pas gelés, mais au contraire peuvent devenir brûlants. Enfin, la crise climatique, à propos de laquelle les scientifiques n’ont eu de cesse de nous alerter ces dernières décennies, s’est matérialisée concrètement partout dans le monde.

Ces crises ont eu un impact direct sur la vie des gens, avec le retour d’une forte inflation. La hausse des prix s’est établie à 5,2 % en 2022, puis 4,9 % en 2023, alors même que les salaires nets ont plutôt baissé en France durant la même période, selon les données de l’INSEE. Par ailleurs, les débats sur les retraites ont conduit à une prise de conscience des faiblesses de notre système par répartition, et plus généralement de la solidarité de l’État-providence à long terme.

L’ensemble de ces facteurs ont amené les gens, et en particulier les jeunes, à être plus attentifs aux questions d’argent et à en prendre le contrôle. Cela s’est notamment traduit par le fait que, parmi les 1,5 million de nouveaux investisseurs entre 2019 et 2023, 500 000 ont moins de 35 ans, selon l’Autorité des marchés financiers. Cette évolution est une bonne nouvelle : si la jeune génération s’y met, c’est le signe d’un réveil qui sera positif à long terme pour l’ensemble de notre économie au global, en plus de sauver leurs finances personnelles.

Leur outil de prédilection : l’ETF

Les habitudes d’investissement sont en train de changer. En effet, les investissements en ETF ont vu leur volume multiplié par plus de 4 entre 2020 et 2024, selon une étude menée par BlackRock et extraETF. Cette même étude souligne également que la programmation des investissements en ETF est passée de 2,5 millions à 10,8 millions de plans mensuels, avec une tendance à la généralisation dans les différents pays européens. En termes de montants, nous sommes passés de 47,6 milliards à 266 milliards d’euros sur la même période. Preuve que lorsque les bons outils leur sont donnés, les Européens – et en particulier les Français – sont en capacité de contribuer à l’économie, tout en en retirant un gain substantiel pour leur épargne.

C’est une véritable révolution que nous vivons. Elle est à même de projeter la France et l’Europe dans le XXIe siècle, un XXIe siècle dans lequel le capitalisme profite au plus grand nombre et assume son rôle de moteur du progrès et de la prospérité collective. C’est un moment historique qu’il appartient à tous les opérateurs du secteur bancaire de saisir.

Un besoin urgent de mettre nos snobismes
et a priori au placard

Mais pour s’en saisir efficacement, il faut commencer par l’accepter. Non, les jeunes ne sont pas toutes et tous des « crypto bros » décérébrés, drogués à la performance du trading de court terme et aux « meme coins ». Nos a priori et nos snobismes doivent tomber. Nous devons regarder la réalité de ce phénomène bien en face.

Il faut se rendre compte du potentiel que représente une génération de jeunes investisseurs pour les entreprises françaises. Il y a en France près de 7 millions de Français âgés de 18 à 35 ans ; si la moitié d’entre eux investissait 50 euros par mois, ce seraient 175 millions d’euros placés par mois et près de 2,1 milliards d’euros par an. En prenant en compte la performance moyenne du CAC 40 dividendes réinvestis, avec un rendement de 7,5 %, cela représenterait 23 milliards d’euros en plus au bout de dix ans et 114 milliards d’euros sur vingt ans. Ces chiffres sont issus d’une étude de l’économiste Marc Touati publiée en janvier 2022.

Le financement des entreprises par l’investissement est une pratique trop peu développée en France par rapport à d’autres États. Cela explique en partie le recours au financement à crédit des entreprises, créant un frein supplémentaire à leur développement. Le besoin de nouveaux financements est d’ailleurs souligné dans le rapport remis par Mario Draghi en 2024 : il en fait un enjeu pour assurer la croissance de l’économie européenne. Pas de doute, l’investissement par la jeunesse peut apporter une réponse.

1er critère de réussite : être accessible

Les outils d’investissement mis à disposition par Trade Republic pour ses clients sont les mêmes que ceux d’une banque traditionnelle. Nos clients peuvent commander une carte bancaire, qu’elle soit physique ou dématérialisée. Ils disposent d’un compte en banque, avec un IBAN français depuis janvier 2025. Enfin, ils peuvent investir directement par le biais d’un compte titre ordinaire ou d’un plan d’épargne en actions dans les actions et ETF de leur choix.

L’avantage de notre plateforme est de briser l’une des plus grandes idées reçues en matière d’investissement : il faudra une grande somme d’argent. Nous dérogeons à la règle en combinant le fractionnement des actions et des ETF avec les investissements programmés pour permettre à tous de constituer leur patrimoine financier au fur et à mesure. À leur rythme.

En diversifiant massivement, en faisant attention aux frais, en apprenant à gérer la volatilité, en se formant massivement, les jeunes font preuve d’un sérieux étonnant. Loin des LOL et des « influ-voleurs » de Dubaï... À Bruxelles, depuis quatre ans, les débats s’enlisent pour savoir comment faire en sorte que les particuliers investissent davantage. La Retail Investment Strategy pourrait être enterrée avant même d’avoir vu le jour... L’Europe s’interroge aussi pour faire en sorte que les investisseurs en aient pour leur argent. C’est la value for money. Mais les lobbys et les intérêts nationaux n’ont pas permis l’émergence d’une réforme ambitieuse. Qu’importe : la génération Z est ambitieuse et se forme par elle-même, sans rien attendre des autorités.

2e critère : un besoin de formation

Former les gens à comprendre l’épargne et l’investissement est la meilleure solution si l’on veut que les particuliers se mettent à investir efficacement : celui qui a compris les intérêts composés n’acceptera plus l’empilement des frais. Celui qui a compris la diversification et la beauté des indices boursiers ne se jettera plus dans les bras du premier fond chargé à 2 % qui passe à cause d’un narratif sympathique.

Les petits ruisseaux pouvant faire de grandes rivières, Trade Republic administre aujourd’hui plus de 100 milliards d’euros d’épargne pour plus de 8 millions de clients dans dix-sept pays d’Europe. Dont plus d’1 million de Français. Ils et elles ont en moyenne 32 ans. Plus des deux tiers n’avaient jamais investi avant ! Et pour les trois quarts d’entre eux, ils commencent à investir spécifiquement pour leur retraite. Malgré leur jeune âge. La transition culturelle dans le rapport à l’argent est lancée. On ne peut plus en douter.

3e critère : ne pas s’illusionner sur la légitimité historique

« Vous êtes le seul à parler aux gens comme nous. » Voici une phrase qui m’a énormément marqué ces derniers mois. Une jeune femme qui avait vu mes vidéos Youtube m’avait surpris avec cette phrase prononcée au détour d’une rencontre dans un aéroport. Les non-dits sont immenses quand on parle d’argent. Le rapport de confiance entre la profession financière et la population ne passera plus demain uniquement par la légitimité institutionnelle et historique. Une nouvelle forme de confiance doit s’établir. Et cela va passer par le renouveau d’une communication bien plus authentique, transparente et accessible. La simplicité et la sincérité sont des marqueurs culturels indépassables pour cette génération habituée à se méfier des filous sur les réseaux...

Pour parler à nos clients, nous utilisons donc plusieurs canaux. Tout d’abord, par une communication qui s’est déployée sur les réseaux sociaux, avant d’entrer, depuis quelques mois, dans une nouvelle phase avec un programme court à la télévision en partenariat avec M6 : Capital Épargne propose, en une minute, des solutions pour les Français afin de prendre leur argent en main. Cela passe aussi par la presse traditionnelle qui, nous le voyons de plus en plus, parle d’argent non seulement durant les périodes d’actualité extraordinaire sur les marchés, mais aussi de manière plus régulière et pragmatique. Enfin, j’ai écrit un livre (Prenez votre argent en main : Devenir riche, ça s’apprend, Miche Lafon, 2024), non pas pour faire la publicité de Trade Republic, mais pour encourager un maximum de Français à dépasser le tabou autour de l’argent et à se mettre à adopter de bonnes pratiques pour leur pouvoir d’achat à long terme.

4e critère : utiliser le canal de l’influence

Contrairement à d’autres, nous avons également choisi de nous reposer sur les créateurs et créatrices de contenu sur les réseaux sociaux. Car nous sommes concentrés sur la demande d’éducation financière. Et cette demande d’éducation est très forte sur les réseaux, qu’on le veuille ou non. Beaucoup de mes confrères adoptent une posture de mépris pour ce qu’il se passe sur le web communautaire. C’est une erreur qui les empêche de voir que notre rôle, à nous professionnels, est justement de venir aider cet écosystème naissant à se renforcer en qualité et en contrôle. Pour assurer la diffusion de contenus fiables à l’endroit où les gens sont déjà attentifs. Et ce en attendant qu’une régulation adaptée voie le jour.

Nous ne faisons pas que soutenir financièrement ces créateurs pour, à travers eux, ouvrir des comptes. Notre partenariat avec les créateurs va plus loin : c’est aussi les aider à se réguler, à se comporter de manière durable avec leurs communautés sans pour autant brider leur capacité à créer une pédagogie efficace. C’est d’ailleurs sur cette pédagogie globale que nous misons dans notre communication, et non sur une manière d’investir. En effet, l’argent placé est fondamentalement le leur, et ils doivent apprendre à le gérer au mieux. Pour eux.

5e critère : ne pas confondre simplicité et simplification

Cette forme de « gamification » de la pédagogie par les réseaux repose non pas sur de la simplification, mais sur de l’accessibilité et de la simplicité. La différence, c’est que la simplification vise à rendre les choses trop simples pour vendre, là où la simplicité consiste à expliquer la réalité sans détour. Nous ne sommes pas dans une logique de dissimulation : nous expliquons tout, mais sans avoir recours au jargon. La banque et l’investissement ont leur propre lexique, nous travaillons simplement à le rendre compréhensible au plus grand nombre car nous avons confiance dans le fait que chacun et chacune peut se former.

En revanche, il est essentiel de préciser que le processus d’épargne et d’investissement ne doit surtout pas faire l’objet d’une gamification. Les nouvelles plateformes qui ont le plus de succès ont d’ailleurs des interfaces extrêmement simples et ne cherchent pas à jouer sur la dopamine ou l’adrénaline pour faire davantage investir leurs clients. Pour notre part, nous avons même enlevé le rouge et le vert par défaut sur les performances des actifs afin de ne pas déclencher de réaction irrationnelle chez nos clients. Si l’on peut apprendre en s’amusant, l’argent n’est pas un jeu et pour bien le gérer, il faut s’opposer à la manipulation de nos émotions face à l’argent.

6e critère : penser demain sans se reposer sur hier

À mesure que l’on découvre les attentes et les comportements de cette jeune génération, on comprend que les produits et services d’hier ne sont sans doute pas adaptés pour demain. Et pour construire une offre bancaire et financière qui leur permettra d’accomplir cette transition financière, il y a deux défis principaux : la fragmentation européenne et le modèle d’affaires.

Le défi le plus important est celui de la fragmentation. La fragmentation culturelle, avant tout, mais aussi et surtout la fragmentation fiscale et opérationnelle sont des freins énormes au développement d’acteurs européens. De Better Finance à la Commission européenne, de Berlin à Paris, du comité ECON du Parlement européen à l’ESMA, chacun sait qu’il est temps d’harmoniser si nous voulons enfin faire se rencontrer l’épargne des Européens et le capital de nos entreprises. Les ambitions de la Saving and Investment Union sont réelles et légitimes. Espérons que cette fois-ci, les discussions ne se perdront pas dans les méandres de l’organisation européenne. Les priorités sont claires et peuvent être résumées en une phrase.

We are all gonna make it !

Il est temps de construire un PEA européen et de permettre à toutes les banques d’Europe de le proposer facilement à tous les Européens. Malheureusement, l’ambition actuelle du projet en est loin, comme l’ont montré les débats chez Better Finance il y a quelques semaines. J’ai défendu à cette occasion le besoin d’harmonisation opérationnelle et fiscale en Europe et constaté que de Tiktok à la scène Bruxelloise, il n’y a donc qu’un pas ! Si l’Europe déçoit, l’épargne et les investissements de la génération Z finiront sur des plateformes asiatiques ou américaines. Faute d’échelle suffisante pour que les acteurs européens se développent.

Cela nous amène à la question du modèle d’affaires, essentiel pour permettre la pérennité de plateformes innovantes au service des particuliers. Ce modèle d’affaires passera avant tout par des processus et une technologie améliorés, permettant une plus grande efficacité des services rendus grâce à des frais moindres. L’innovation est avant tout à placer dans les processus pour réduire les besoins en marge et favoriser le pouvoir d’achat des clients. Cela implique de réduire l’intermédiation aux bons endroits et d’autoriser des collaborations à d’autres. Cela implique surtout d’utiliser la technologie pour réduire les frictions et les coûts qui s’empilent. Chaque participant à l’industrie bancaire et financière a un rôle à jouer. Nous pouvons tous y arriver. Car comme le dit très justement la génération Z : WAGMI (pour « We are all gonna make it »).

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº904