Si, mathématiquement, l’intelligence artificielle (IA) est connue depuis des décennies, c’est fin 2022 qu’elle est apparue au grand public, avec le phénomène des IA génératives telles que ChatGPT. En automatisant les tâches répétitives, en affinant l’analyse des risques et en personnalisant l’expérience de nos sociétaires, l’IA remodèle les contours du secteur de l’assurance. Elle fournit aussi un certain nombre de solutions face au changement climatique, notamment pour améliorer la modélisation des risques, la prévention des sinistres, l’anticipation du coût des événements et le traitement des demandes de règlement.
Les assureurs doivent assumer les coûts croissants dus à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des évènements extrêmes (tempêtes, inondations, sécheresse). L’IA peut analyser de grandes quantités de données pour identifier les patterns et les tendances qui peuvent être utilisés pour prédire les risques climatiques. Par exemple, l’IA peut analyser les données historiques sur les sinistres climatiques, les données météorologiques et les données sur l’occupation des sols pour identifier les zones à risque élevé.
L’IA peut ensuite être utilisée pour développer des modèles prédictifs qui peuvent être utilisés pour estimer la probabilité et l’impact des événements climatiques extrêmes. Ces modèles peuvent aider les assureurs à mieux tarifer les polices d’assurance et à identifier les zones à risque élevé ou encore à calibrer les effectifs nécessaires pour accueillir les ouvertures de sinistres d’une tempête annoncée. La Matmut développe déjà des modèles pour la sécheresse et les inondations.
Des outils sous contrôle
Les IA sont déjà utilisées au quotidien sur des thématiques variées comme la détection de la fraude, la lutte contre le blanchiment d’argent, la tarification, la personnalisation des campagnes marketing, la lecture et analyse de documents, d’images. Elles nous permettront sous peu d’être capable de lire automatiquement l’ensemble d’un constat amiable d’accident, de rédiger automatiquement des documents, devenir l’assistant de nos collaborateurs. Quoi qu’il en soit, l’humain reste au centre des relations et des décisions, et nous avons décidé de ne pas mettre une IA directement en face de nos sociétaires. Nos IA restent des outils, certes très puissants, mais sous contrôle.
Ce choix et cette orientation stratégique correspondent à notre éthique et à l’approche mutualiste que nous développons depuis plus de 60 ans. L’utilisation responsable et éthique des IA est essentielle pour garantir la protection des données personnelles et éviter les biais discriminatoires dans les algorithmes. Un cadre réglementaire adapté est crucial pour encadrer l’utilisation de l’IA et garantir la stabilité et la sécurité. Plus encore, ce cadre réglementaire doit concilier l’approche de l’assurance reposant sur la mutualisation des risques et la capacité des IA à individualiser très fortement l’évaluation des risques. Le contrôle des biais, appelés « hallucinations », est également un aspect important pour une pleine démocratisation et une acceptabilité globale de l’IA au sein d’organisations aussi réglementées et cadrées que les assurances.
L’IA s’impose donc comme un outil incontournable de la finance et de l’assurance. En transformant les services, en optimisant les processus et en personnalisant l’expérience client, l’IA ouvre la voie à un avenir plus agile, efficient et centré sur le client. Cependant, il est essentiel de relever les défis éthiques, sociaux et réglementaires pour garantir une adoption responsable et durable de cette technologie et ainsi pouvoir passer à l’échelle les artefacts générés.