Changement d’actionnaire et de dirigeant

Alessandro Melzi d’Eril, le nouveau capitaine
de Mediobanca

Créé le

22.10.2025

Alberto Nagel, l’ancien dirigeant de Mediobanca avait 60 ans et toute sa carrière dans la maison.
Son successeur a dix ans
de moins et un profil
très différent...

18 septembre 2025 : le Conseil d’administration (CA) de Mediobanca vient de démissionner, à l’exception de Sandro Panizza, le représentant de la holding Delfin. Quelques jours auparavant, les résultats étaient tombés. La banque toscane Monte di Paschi Siena (MPS) venait de prendre le contrôle de la lombarde Mediobanca, avec l’aval du gouvernement italien désireux d’avoir un troisième acteur bancaire de taille importante, après Intesa Sanpaolo et Unicredit, mais contre l’avis du CA... 28 octobre 2025 : l’assemblée générale de Mediobanca se réunit. Désormais MPS détient 86,3 % du capital. Une nouvelle équipe doit être mise en place. Luigi Lovaglio, le patron de MPS l’avait indiqué : « Nous chercherons des profils de haut niveau, brillants, internationaux. »

Une fois n’est pas coutume dans la banque transalpine : Mediobanca hérite de l’un des plus jeunes dirigeants d’une institution bancaire en Italie. Âgé de 50 ans, Alessandro Melzi d’Eril a pris les rênes de la banque d’affaires de Piazzetta Cuccia, avec le titre de directeur général. Vittorio Umberto Grilli, anciennement président de la banque d’investissement de JP Morgan dans la région EMEA (Europe, Moyen Orient et Afrique) et ministre italien de l’Économie et des Finances de juillet 2012 à avril 2013 à l’époque Mario Monti, occupera le poste de président.

Une grande famille lombarde

Alessandro Melzi d’Eril a la particularité de descendre d’une grande famille lombarde. Elle compte dans ses rangs des artistes, comme Francesco Melzi, peintre italien de la Renaissance, élève et héritier de Léonard de Vinci, mais aussi des dirigeants politiques, à l’image de Francesco Melzi d’Eril, neuvième comte de Magenta, duc de Lodi . Ce dernier fut vice-président de la République italienne de 1802 jusqu’à sa transformation en royaume d’Italie en 1805, suite à la décision de Napoléon Ier.

Ni artiste, ni politique, Alessandro Melzi d’Eril a opté pour l’univers de la finance. Issu des bancs de la prestigieuse université milanaise Bocconi avec un diplôme en économie, il a ensuite fait ses premiers pas dans la finance internationale au sein de la banque d’investissement allemande Dresdner Kleinwort Benson dans la City londonienne, avant de revenir en terre transalpine chez l’actuel numéro deux bancaire, UniCredit. De 2004 à 2011, le voici dans le private equity chez Clessidra, en tant que directeur des investissements.

Sobriété et discrétion

C’est là qu’il intègre l’histoire d’Anima Sgr, contribuant de manière décisive à son évolution jusqu’à la transformer en l’un des leaders de l’épargne gérée en Italie. En 2020, il prend la direction générale de ce gestionnaire d’actifs coté en bourse depuis 2014. Sous sa direction, le groupe consolide son rôle avec des acquisitions stratégiques, notamment Kairos Partners et de Castello Sgr, renforçant de ce fait sa présence sur le marché. Il construit alors des relations solides avec des associés divers et parfois complexes comme Banco Posta, FSI et le magnat de la construction Francesco Gaetano Caltagirone, actionnaire de plusieurs joyaux du capitalisme italien dont Generali. Depuis avril 2025, Anima fait partie du groupe Banco BPM, suite à une offre publique d’achat réussie. Sous sa houlette, le groupe aura fait grossir sa base d’actifs de 194,3 milliards d’euros en 2020 à 204,1 milliards d’euros en 2024, avec plus d’un million de clients.

Ses proches le décrivent comme un gestionnaire rigoureux et sobre, attentif aux autres et très peu enclin à la lumière des projecteurs. L’ensemble de ces qualités devrait lui permettre de mener à bien le pilotage de Mediobanca, tout juste tombée dans le giron de Monte dei Paschi.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº909