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J’épargne, moi non plus...

Créé le

22.05.2023

La réforme des retraites a été promulguée. Le débat n’est pas terminé. Une proposition de loi vise même à l’abroger, ce 8 juin, à l’Assemblée nationale. À l’heure du bouclage de ce supplément de Revue Banque (n° 881, juin 2023), rien n’a permis de l’écarter.

Ces derniers mois auront au moins eu le mérite de passer en revue tous les critères liés à la retraite par répartition, notamment l’espérance de vie, le niveau de revenus des retraités, l’équilibre ou le déséquilibre des régimes, leur coût pour l’État, etc. Chacune est abordée dans ce supplément de Revue Banque (n° 881, juin 2023), en partenariat avec l’Association des marchés financiers (Amafi).

Alors qu’il n’est plus question d’âge pivot, de points ou de régime universel (quarante-deux régimes de base et complémentaires fondus en un seul pour tous les actifs) comme en 2019, l’opposition s’est cristallisée autour de l’âge de départ, à 64 ans, et s’est mobilisée contre la « capitalisation ». À lui seul, le terme est brandi comme un chiffon rouge. « Introduire une part de capitalisation permettrait de corriger des biais majeurs du système par répartition », estime pourtant Stéphane Giordano, président de l’Amafi.

L’histoire montre que la France hésite quasiment depuis toujours, Colbert ayant fondé le premier système de retraite en 1670, nous rappelle Patrice Bourdelais (professeur émérite de l’EHESS), entre une épargne placée pour soi-même en perspective d’une rente à l’issue de la vie active et un prélèvement sur les revenus des actifs, au bénéfice des retraités. À l’heure où l’on demande son avis sur tout à ChatGPT, on y perd aujourd’hui son IA comme on perdait autrefois son latin. « Le travail est une prière », pointe Gérard Bekerman, président de l’Afer.

Il y a dix ans précisément, Revue Banque publiait déjà un supplément en partenariat avec l’Amafi, qui portait cette interrogation : sommes-nous prêts pour des fonds de pension à la française ? Depuis, la loi PACTE de 2019 a instauré des dispositifs de retraite individuels, collectifs ou catégoriels, conseillés par les assureurs, gérants d’actifs ou banques. Doit-on s’en satisfaire ou faut-il trouver des incitations afin que les Français épargnent davantage ? Marie Brière, responsable Intelligence et partenariats académiques de l’Institut Amundi et présidente du Comité scientifique de l’Observatoire de l’épargne européenne, et d’autres auteurs livrent leur point de vue à Revue Banque.

Florence Legros, directrice générale de l’ICN Business School, détaille ainsi taux d’épargne et de « remplacement » en France, ébauchant une comparaison internationale. Dans ce supplément, plusieurs articles montrent le décalage de notre pays, comparé à d’autres, au sein de l’Union européenne comme l’Allemagne ou l’Espagne, et au-delà, notamment les États-Unis.

Pourquoi aller chercher si loin ? La retraite par capitalisation, si elle n’a sans doute pas le succès attendu auprès des salariés du privé au lancement du plan d’épargne retraite (PER), existe aussi dans une forme collective et obligatoire, avec le régime de retraite additionnelle de la fonction publique (créé lors de la réforme de 2003) bien connu de la Caisse des dépôts (CDC). Ce « bras armé de l’État » est à la fois le pôle de référence des retraites publiques et un acteur des retraites, disposant d’une soixantaine de mandats pour toutes sortes de régimes. Michel Yahiel, directeur des politiques sociales de la CDC, a répondu aux questions de Revue Banque.

Bonne lecture.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº881bis
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