« Wait and see », le sens de la décision de politique monétaire prise par le Conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) pourrait se résumer par ces mots, prononcés par Christine Lagarde, présidente de l’institution. Les taux d’intérêt directeurs sont maintenus. Les taux de facilité de dépôt, des opérations principales de refinancement et de facilité de prêt marginal restent inchangés, à respectivement 2 %, 2,15 % et 2,4 %. La BCE marque une pause après huit baisses consécutives. En juin 2024, les taux directeurs étaient ainsi de 3,75 % pour les facilités de dépôt, 4,25 % pour les opérations principales de refinancement, 4, 5 % pour les facilités de prêt marginal. Lors de la précédente réunion de politique monétaire, Christine Lagarde, présidente de la BCE, avait évoqué une « fin de cycle » et celle-ci semble se confirmer.
On reparle d’une inflation trop faible
L’inflation s’établit aujourd’hui en dessous de la cible des 2 % et la santé économique globale en Europe ne justifie pas d’action supplémentaire de la BCE en termes de politique monétaire. Celle-ci relève une croissance économique plus solide qu’attendu. Les constitutions de stocks par anticipation des tarifs douaniers n’en constituent pas la seule composante, selon la BCE. L’investissement et la consommation privée ont également été meilleurs que prévu. « Nous sommes bien positionnés », a déclaré Christine Lagarde, pour faire face aux nombreux risques potentiels. Parmi ceux relevés par la BCE, une appréciation plus forte de l’euro pourrait faire baisser l’inflation en deçà des seuils souhaités tandis que la possibilité d’un ralentissement des exportations européennes demeure.
Trump pèse dans la décision
L’incertitude persistante concernant les tarifs douaniers américains et les risques géopolitiques fait également partie des raisons pour lesquelles la banque centrale a choisi de marquer cette pause. Les perspectives pour 2025 sont tout d’abord tributaires de l’évolution des conflits géopolitiques en Ukraine et au Moyen-Orient. Les décisions futures de politique monétaire seront également dépendantes des négociations commerciales en cours entre l’Europe et les Etats-Unis, quelle que soit d’ailleurs leur issue. La présidente de la BCE a ainsi indiqué qu’une levée rapide des incertitudes relatives aux tarifs douaniers internationaux était souhaitable pour éviter une éventuelle détérioration des sentiments de marché ainsi qu’un repli de la consommation et de l’investissement causés par ces incertitudes. Prochaine réunion de politique monétaire : le 11 septembre. Avec ce mot d’ordre : « The Governing Council is not pre-committing to a particular rate path ».