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La désynchronisation monétaire profite au billet vert

Créé le

03.01.2025

La parité euro/dollar chute tout au long du dernier trimestre sous l’effet d’une dynamique de marché puissante : la désynchronisation des politiques monétaires des deux côtés de l’Atlantique. Après la baisse de 25 points de base (pb) de la fourchette cible des Fed Funds à 4,25 %-4,50 % annoncée le 18 décembre par la banque centrale américaine, le taux de change était à 1,041, en baisse de 6,5 % par rapport à son récent plus-haut de 1,113 du 26 septembre. La Banque Centrale Européenne avait, elle, annoncé le 12 décembre sa quatrième baisse de taux, réduisant de 25 pb celui de sa facilité de dépôt à 3 %.

Les niveaux des taux d’intérêt et les écarts de rendements obligataires, qui influencent la parité, profitent largement au billet vert, dont l’attractivité s’était déjà renforcée sur les marchés des changes, bien avant la victoire de Donald Trump aux présidentielles américaines. Le 19 décembre, le différentiel de rendement entre les US Treasuries et le Bund sur la maturité 10 ans atteignait 224 pb, contre 142 pb le 19 septembre. Cet écart reflète aussi des disparités conjoncturelles. Aux États-Unis, où le marché du travail reste robuste, le produit intérieur brut a enregistré une croissance de 2,8 % au troisième trimestre. L’indice des prix à la consommation (PCE), lui, est passé de 2,1 % en septembre à 2,3 % en octobre. En zone euro, l’inflation, qui poursuit sa décrue, est désormais attendue par la BCE à 2,4 % en 2024, contre 2,5 % estimé en septembre, et à 2,1 % en 2025, contre 2,2 % auparavant.

2025 sous le signe de la volatilité

En revanche, l’institution monétaire a abaissé sa prévision de croissance de 0,8 % à 0,7 % en 2024 et de 1,3 % à 1,1 % en 2025. En plus de sa perte d’élan économique, la région suscite des inquiétudes en raison des crises politiques française et allemande. Alors que le taux médian des fonds fédéraux attendu par les membres du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) ressort à 3,9 % fin 2025, les marchés parient sur 50 pb de baisse à 3,75 %-4 %, contre 100 à 125 pb du côté de la BCE. Si l’euro/dollar se rapproche de la parité, son évolution en 2025 s’annonce volatile en raison de nombreuses incertitudes.

Le programme économique du nouveau président américain, qui inclut les droits de douane et des baisses d’impôts, pourrait exacerber l’inflation américaine. Les réponses de la France et de l’Allemagne pour surmonter leurs crises internes auront un impact sur la stabilité de la monnaie unique face au dollar.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº899-900