L’Espagne entend bien prolonger sa période de grâce économique. Mi-janvier, le président du gouvernement Pedro Sanchez a annoncé son intention de lancer un fonds souverain, sous le nom de Fondo España Crece. D’un capital initial de 10,5 milliards d’euros provenant du plan de relance européen, ce fonds vise à mobiliser 120 milliards d’euros à travers la dette privée d’investisseurs nationaux et internationaux. L’initiative ambitionne de compenser l’impact de l’arrêt prochain des aides européennes lancées en 2021, post-Covid, et prolonger la bonne dynamique économique de l’Espagne et ses ambitions réformatrices.
La réindustrialisation
parmi les dix secteurs prioritaires
Selon l’exécutif espagnol, ce véhicule sera géré par la banque publique espagnole, l’Instituto de Crédito Oficial (ICO), qui coinvestira toujours avec le secteur privé par des prêts, des garanties et des instruments de capital. Le gouvernement a d’ores et déjà identifié les secteurs d’investissement prioritaires, destinés à améliorer la productivité de l’économie : le logement, l’énergie, la numérisation, l’intelligence artificielle, la réindustrialisation, l’économie circulaire, les infrastructures, l’eau, l’assainissement et la sécurité. « Si les fonds NextGen étaient un exercice de la souveraineté européenne, le Fondo España Crece sera un exercice de souveraineté nationale », a souligné Pedro Sanchez lors de l’annonce. La conférence de presse du 20 janvier, destinée à détailler les contours de cet instrument, a été reportée en raison de la catastrophe ferroviaire survenue le 18 janvier dans le sud du pays.
Une initiative similaire en Allemagne
Par cette annonce, l’Espagne vient grossir la liste des pays européens dotés d’un fonds souverain. À ce jour, la Norvège possède le plus gros fonds souverain en Europe, avec quelque 1 755 milliards d’euros d’encours. Mi-décembre, le gouvernement allemand a présenté son « Deutschlandfonds », censé être doté d’environ 30 milliards d’euros de fonds publics et attirer environ 130 milliards d’euros d’investissements privés supplémentaires. Stéphanie Salti