Le ralentissement du cycle de baisse des taux d’intérêt engagé par la Banque d’Angleterre a soutenu les performances trimestrielles des grandes banques britanniques.
Sous la direction de son directeur général, Paul Thwaite, NatWest a publié un bénéfice imposable en hausse de 12 %, atteignant 2 milliards de livres au premier trimestre, tandis que ses revenus ont progressé à 4,4 milliards de livres, contre 4 milliards un an plus tôt. Ces résultats ont dépassé les attentes du consensus des analystes, qui tablaient sur un bénéfice de 1,9 milliard de livres pour des revenus de 4,3 milliards. La banque prévoit désormais des revenus annuels dans le haut de sa fourchette, comprise entre 17,2 et 17,6 milliards de livres.
NatWest a bénéficié du maintien de taux d’intérêt élevés par la Banque d’Angleterre, à l’image de son concurrent Lloyds Banking Group, qui a également annoncé un bénéfice avant impôts de 2 milliards de livres au premier trimestre, contre 1,5 milliard un an plus tôt.
Cette politique monétaire reste motivée par les tensions inflationnistes liées notamment au choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient. Le Comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre a ainsi décidé, fin avril, de maintenir son taux directeur à 3,75 %, invoquant les fortes incertitudes économiques découlant du conflit.
Des provisions en hausse
Le climat géopolitique a cependant pesé sur les résultats des prêteurs britanniques : Standard Chartered a ainsi provisionné 190 millions de dollars pour se prémunir contre les risques liés au conflit au Moyen-Orient, tout en maintenant ses prévisions. La banque, spécialisée en Asie, a déclaré avoir mis en place des « mesures de gestion préventives » concernant son exposition à la région ainsi qu’aux entreprises pétrochimiques et aux emprunteurs souverains, tout en portant à 70 % ses prévisions internes concernant la probabilité d’un conflit prolongé au Moyen-Orient.
Cette décision est intervenue alors que le prêteur britannique a annoncé un bénéfice trimestriel imposable record de 2,5 milliards de dollars, en hausse de 17 % par rapport à l’année précédente et légèrement supérieur aux prévisions des analystes compilées par la société.
De son côté, NatWest a constitué 283 millions de livres de provisions pour créances douteuses, contre 189 millions un an plus tôt, dont 140 millions directement liés aux répercussions économiques du conflit. HSBC a suivi la même logique, provisionnant 300 millions de dollars supplémentaires pour se prémunir contre les risques liés à la situation en Iran.
Des pertes de crédit
La plus grande banque européenne a aussi enregistré une charge de 400 millions de dollars liée à une fraude en lien avec l’effondrement du prêteur hypothécaire britannique Market Financial Solutions, affectant ses bénéfices imposables trimestriels, en recul de 100 millions de dollars pour s’établir à 9,4 milliards de dollars. Au total, HSBC a indiqué avoir comptabilisé des pertes de crédit attendues d’un montant total de 1,3 milliard de dollars au premier trimestre, soit une hausse de 50 % par rapport à l’année précédente.
L’exposition au prêteur hypothécaire britannique a également pesé sur les résultats de Barclays, qui a enregistré au premier trimestre une charge de dépréciation de 228 millions de livres sterling, principalement liée à son exposition à MFS. Dans ce contexte, son directeur général, C.S. Venkatakrishnan, a annoncé que la banque comptait réduire ses activités de crédit les plus complexes et limiter son exposition aux entreprises fortement endettées. Stéphanie Salti