Les Institutions financières internationales réinventent leur rôle

Dossier réalisé par Séverine Leboucher

Introduction

Les Institutions financières internationales réinventent leur rôle

Qu'elles aient pour vocation le financement du développement ou le maintien de la stabilité mondiale, les institutions financières internationales sont, avec la crise, sur le devant de la scène. Appréciées dans leur rôle de pompiers, elles essuient en revanche des critiques sur leur incapacité à prévenir la crise et résorber les déséquilibres macrofinanciers. Depuis leur création, elles ne cessent pourtant de se réinventer.

Institutions financières internationales

Qu’elles participent au sauvetage de la Grèce, planchent sur les futures régulations financières mondiales, se mettent en ordre de bataille pour offrir un avenir économique aux Nations héritées du Printemps arabe, ou œuvrent pour sortir de la pauvreté une partie de la planète, les institutions financières internationales (IFI) sont sous le feu des projecteurs.

Les premières d’entre elles, le FMI et la Banque Mondiale, ont été créées au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans un monde financier dont le fonctionnement et les besoins ne sont en rien comparables à ceux d’aujourd’hui. Elles ont donc dû, parfois dans la douleur, s’adapter à la globalisation financière et se réinventer face aux critiques. Un processus permanent, si l’on en juge par leur évolution depuis la crise de 2008. Cette dernière décennie, les gouvernements ont ainsi dû renforcer la coopération multilatérale en matière économique et financière, avec la création d’un Forum de stabilité financière, devenu à l’occasion de la crise un « Conseil » investi d’un grand nombre de missions, et d’un Programme d’évaluation du secteur financier, mené par le FMI et la Banque Mondiale et qui vient d’être renforcé. Cela sera-t-il suffisant alors que les IFI n’ont pas le pouvoir de contraindre les acteurs à appliquer leurs recommandations ?

Les banques multilatérales, comme la Banque Mondiale, mais aussi les organismes régionaux, comme la Banque Interaméricaine de Développement (BID), la Banque Européenne d’Investissement (BEI) ou la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), ne sont pas restés passifs, eux non plus, sur cette dernière décennie. L’enjeu pour ces banques est de s’adapter à un environnement où l’argent public ne coule plus à flots pour financer le développement des pays les moins avancés. Elles ont dû apprendre à mieux collaborer, à penser efficacité et mesurabilité de leurs projets, à intégrer le secteur privé dans leur action, qu’il soit bénéficiaire des aides ou bailleur de fonds.

Qu’elles soient spécialistes du développement ou de la stabilité financière, les IFI ont un défi commun : celui du rééquilibrage des forces entre les pays du Nord affaiblis et ceux du Sud, désireux de compter davantage sur la scène internationale. Ce rééquilibrage a commencé au FMI en 2009, avec la cession de 5 % des droits de vote des économies occidentales vers les pays d’Asie en particulier. Il devra se poursuivre, au risque de voir les économies émergentes se désengager du dialogue international et faire cavaliers seuls, pilotant leur équilibre financier par une accumulation de réserves nationales. Un scénario noir pour la stabilité financière mondiale.

Dossier réalisé par Séverine Leboucher

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