Philippe Setbon, votre premier mandat de l’AFG, l’association française de «gestion financière», s’est terminé en juin. Si vous aviez un succès à retenir, quel serait-il ?
Je me suis inscrit dans la continuité de mon mandat de vice-président, et bien entendu, des réalisations de mon prédécesseur, Éric Pinon. Dans un environnement en constante mutation, il fallait poursuivre les actions engagées et accélérer. Si je ne devais retenir qu’un seul point, ce serait la satisfaction d’avoir, je crois, réussi à renforcer un collectif. L’AFG vit grâce à ses membres et leur mobilisation s’est renforcée à travers de nombreux travaux communs, sur différents sujets, comme par exemple la finance durable ou l’éducation financière. Ce succès a été rendu possible par une gouvernance renouvelée de l’AFG, qui a su impulser des orientations claires, conformes aux engagements que j’avais pris dans ma lettre de candidature, il y a déjà maintenant trois ans et demi.
Un mot sur la réforme des statuts de l’AFG : quels étaient les besoins d’évolution ?
Il était nécessaire mais il faut que je puisse y accederde réviser les statuts de l’AFG afin qu’ils reflètent mieux l’évolution de notre écosystème. Il s’agissait notamment d’assurer un meilleur équilibre au sein de la gouvernance entre d’une part, les filiales de banques et de compagnies d’assurances, et d’autre part, les acteurs entrepreneuriaux. Ces derniers sont très importants dans le tissu français et nous souhaitions évidemment qu’ils aient toute leur place dans la gouvernance de l’AFG. Il était également nécessaire de préciser la durée des mandats de certaines fonctions, comme les présidences de commission, le nombre de mandats du (de la) président(e) et des vice-présidents. Cette mission a été menée sous l’égide d’un groupe de travail émanant du conseil d’administration. On en revient à la gouvernance...
Restons-y ! Au niveau des équipes, la gouvernance est très féminine puisque la directrice générale est Laure Delahousse, un historique de la maison, et qu’elle a pour adjointe, Delphine de Chaisemartin, qui a rejoint l’association il y a deux ans. Est-ce que le fait d’avoir une gouvernance très fortement féminine impacte les choses ?
Je m’inscris moins dans le sujet hommes/femmes que dans l’efficacité et la reconnaissance des compétences. Force est de constater de l’efficacité de la direction générale de l’AFG qui assure pleinement son rôle au bénéfice de ses membres et en lien avec toutes les parties prenantes. Oui, c’est 100 % féminin et c’est tant mieux !
Un regret sur ce premier mandat ?
Un constat d’abord : aujourd’hui, nous sommes de plus en plus entendus et, je l’espère, écoutés. C’est le fruit d’un travail mis en place au fur et à mesure, avec Laure Delahousse et avec Delphine de Chaisemartin avec la volonté de disposer d’éléments de preuve pour étayer nos préconisations et points de vue auprès des pouvoirs publics ou des régulateurs. Nous nous sommes récemment considérablement renforcés sur ce point, avec succès. Sur des enjeux récents, comme la Retail Investment Strategy ou la finance durable, nous avions auparavant les arguments et le rationnel, mais pas nécessairement les éléments de preuve. Aujourd’hui, nous sommes davantage en mesure de produire des éléments de recherche, des données économiques, quantitatives et objectives pour défendre nos propositions.