Gouvernance

Les dirigeants mobilisés
contre les risques numériques

Créé le

22.08.2024

Les banques sont depuis longtemps aux avant-postes de la lutte contre les cybermenaces. Cependant, avec les nouveaux textes européens, elles font désormais face à des obligations réglementaires renforcées en la matière.

L’introduction du règlement DORA sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier n’est pas une simple formalité administrative. Elle est une réponse nécessaire à l’évolution des risques dans un monde interconnecté. Car la connectivité, moteur de croissance économique, est devenue une porte d’entrée pour les cyberattaques, transformant les réseaux d’entreprise en vecteurs de vulnérabilité.

Les banques, fournisseurs de services essentiels, doivent donc renforcer la sécurité de leurs infrastructures informatiques et adopter des politiques globales de cyber-résilience. Cela implique non seulement la prévention, mais aussi la capacité à réagir efficacement et à rétablir les opérations après une attaque. L’objectif est de mettre en place des protocoles de gestion des données et de réduction des risques, minimisant les impacts des cyberattaques.

Ces exigences renforcées de cybersécurité, imposées par les autorités publiques, reflètent leur détermination à protéger l’économie des cybermenaces. Elles se sont accrues pendant le Covid-19, période où les systèmes informatiques se sont ouverts, augmentant l’exposition aux risques. Dans ce cadre, le règlement DORA confère de nouvelles responsabilités aux conseils d’administration en matière de cybersécurité. Ils deviennent les garants ultimes de la stratégie de cyber-résilience, responsables de l’identification, de la qualification et de la mise en œuvre de plans de prévention et de reprise après incident. Cela souligne leur rôle central dans la protection contre les cybermenaces.

La cyber-résilience est cruciale

Face à ces défis, les banques doivent dès maintenant s’engager à déterminer et à anticiper les transformations nécessaires pour se conformer à ces réglementations. Un programme de gestion des risques bien conçu est essentiel pour accompagner les dirigeants dans la compréhension, l’atténuation ou le transfert des risques.

La nouvelle gouvernance place les dirigeants au premier plan de la stratégie de gestion des risques cybernétiques. La gestion des risques doit être intégrée dans les stratégies commerciales, les règles de conformité et la culture de l’entreprise, impliquant toutes les parties prenantes. Il est crucial d’investir dans la formation continue du personnel aux principes de la cybergouvernance pour assurer une réponse efficace aux défis émergents.

Une gestion inadéquate des cybermenaces peut avoir des conséquences désastreuses pour les banques. Les changements réglementaires, qui reflètent la complexité croissante de notre monde, représentent un risque significatif pour les institutions financières qui ne parviennent pas à s’adapter rapidement et efficacement à ces nouvelles exigences. Il est donc impératif pour les banques de prendre des mesures proactives pour renforcer leur cyber-résilience et protéger leurs opérations, leurs clients et leurs partenaires, et ce d’ici au 17 janvier 2025, date d’entrée en application du règlement DORA.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº895