Le printemps immobilier pourrait avoir fait long feu. Dans ses perspectives 2026 de l’immobilier résidentiel et du crédit immobilier, BPCE L’Observatoire anticipe un coup de frein cette année, dans un environnement économique et géopolitique dégradé. Le choc intervenu au Moyen-Orient fin février a ravivé les tensions inflationnistes et devrait conduire la BCE à relever ses taux directeurs, de 25 points de base en 2026, avec une décision dès le 11 juin, selon José Bardaji, directeur Études et Prospective chez Groupe BPCE.
Cette hausse se diffusera graduellement au crédit immobilier. « Un choc d’un point de pourcentage des taux d’intérêt se traduit par une hausse du taux des crédits de 14 points de base sur le trimestre mais de 90 points de base au bout d’un an », souligne José Bardaji. Selon BPCE L’Observatoire, les taux des nouveaux crédits immobiliers atteindraient 3,43 % fin 2026, contre 3,22 % en mars. Conséquence pour les banques : la production de crédits à l’habitat devrait reculer de 6 % en 2026, à 175 milliards d'euros. « Ce repli serait plus marqué que celui des volumes de ventes de logement ou celui des prix », anticipe Bertrand Cartier, économiste chez Groupe BPCE.
Le taux du crédit variable clé
Le signal est bien celui d’une baisse de la demande et non d’un durcissement de l’offre bancaire. « Les banques disposent toujours de ressources pour prêter. La contrainte principale réside dans la hausse du coût du crédit », souligne José Bardaji. Or le taux du crédit reste une variable clé pour toutes les catégories d’emprunteurs. Entre fin 2021 et début 2024, la multiplication par quatre du taux moyen des nouveaux prêts a fait tomber la part des acquisitions financées à crédit à 65 %, contre 80 % en moyenne entre 2012 et 2022. Selon BPCE L’Observatoire, sur la dernière décennie, une hausse de 1 % des taux s’accompagne d’une baisse de près de 6 % du recours au crédit et de près de 4 % du montant emprunté. Autre constat : la production de nouveaux crédits à l’habitat est devenue très volatile depuis le choc de taux lié aux effets inflationnistes de la guerre en Ukraine.