UniCredit passe à la vitesse supérieure. Le numéro deux de la banque italienne a annoncé, le 16 mars, le lancement d’une offre publique volontaire d’échange sur Commerzbank, qui la valorise à 35 milliards d’euros, soit une prime modeste de 4 % par rapport au cours du 13 mars. Cette offre a cependant un objectif clair : celui de dépasser le seuil de 30 % prévu par la réglementation allemande en matière d’offre publique d’achat (OPA) et de favoriser des discussions constructives avec Commerzbank et ses principaux acteurs, fermement opposés jusqu’à présent à tout rapprochement : « Une fois cette offre faite, la cible doit répondre, ce qui initiera un dialogue », explique Sonja Forster, analyste au sein de Morningstar DBRS, « si Commerzbank rejette l’offre, Unicredit peut continuer à augmenter sa participation, s’il le souhaite. »
L’Allemagne s’y oppose
La banque d’Andrea Orcel précise d’ailleurs ne pas s’attendre à prendre le contrôle de sa concurrente, dont il détient déjà 26 % du capital et 4 % supplémentaires par le biais de contrats de swaps. Par la voix d’un porte-parole du ministère des Finances allemand, l’Etat germanique a d’ores et déjà fait connaître son opposition, soulignant notamment que Commerzbank est « d'importance systémique ».
« A la différence de l’Italie, qui peut brandir l’arme du golden power, il n’existe pas à ce jour d’outils similaires en Allemagne », poursuit Sonja Forster. « Le vrai sujet est de savoir si UniCredit saura trouver les arguments pour convaincre les actionnaires de Commerzbank du bien-fondé de son offre. »