Crédit Agricole SA veut déployer le modèle de banque universel en Europe. Lors de la présentation de son plan stratégique ACT 2028 le 18 novembre dernier, la banque verte a officialisé ses nouvelles ambitions : l’établissement souhaite se positionner comme « un groupe conquérant, leader en Europe, leader des transitions et leader des nouvelles technologies ». Quelques chiffres détaillent la stratégie. Crédit Agricole SA vise 60 millions de clients pour le groupe fin 2028. Sur le plan financier, cette feuille de route a pour cible un résultat net part du groupe supérieur à 8,5 milliards d’euros en 2028 et un retour sur fonds propres tangibles (ROTE) de plus de 14 %.
L’Italie au cœur de la stratégie
Pour soutenir ses aspirations, le groupe s’est fixé un certain nombre d’objectifs, notamment d’accroître la part de ses revenus hors de France. Elle s’établit aujourd’hui à 55 % ; l’ambition est de la porter à près de 60 % comparé à 55 %. Sans surprise, l’Italie, son second marché domestique, est en ligne de mire : la banque verte souhaite y porter le nombre de ses clients de près de 6 millions dans l’ensemble de ses métiers (banque de financement et d’investissement, crédit à la consommation avec Agos, assurances, etc.) à 6,5 millions en trois ans et renforcer la contribution de ce pays à 20 % du résultat du groupe en 2028. Un pourcentage à comparer au chiffre actuel de 15 % environ. Pour y parvenir, le groupe vise à développer non seulement le marché des entreprises et des entrepreneurs, mais aussi de se renforcer dans la banque de détail en s’appuyant sur une transformation du modèle opérationnel au travers d’une utilisation massive de l’intelligence artificielle et de la numérisation. « Ces ambitions se basent uniquement sur un développement organique du Groupe en Italie », précise un porte-parole du groupe.
La banque est présente dans la Botte au travers de sa filiale Crédit Agricole Italia et via sa participation à hauteur de 19,9 % dans le numéro trois bancaire italien Banco BPM. Pour mémoire, Crédit Agricole a sollicité l’autorisation de franchissement de seuil de 20% auprès de la Banque centrale européenne afin de passer juste au-dessus de 20% et pouvoir ainsi, conformément à la règle, consolider ainsi sa participation dans Banco BPM par mise en équivalence.
L’Allemagne et l’Asie également visées
Outre l’Italie, la banque verte affiche aussi clairement ses ambitions en Allemagne, avec la création de Crédit Agricole Deutschland. En s’appuyant sur l’agrégation des activités existantes et l’outil technologique de BforBank, le groupe vise à y doubler la base de clients existante à 2 millions de clients d’ici 2028, via l’élargissement de l’offre à toute la gamme épargne, la banque au quotidien et les assurances. Actuellement, le groupe dispose dans ce pays de 11 milliards d’euros d’encours de crédit à la consommation et de 15 milliards d’euros d’encours d’épargne.
L’avenir passe aussi par le lancement d’une plateforme digitale d’épargne en Europe visant plus de 40 milliards d’euros d’encours hors France, en 2028. Dans le cadre de son déploiement européen, le groupe compte aussi s’appuyer sur la néobanque pour les professionnels Blank, qu’elle entend déployer dans au moins trois pays européens après l’Italie.
Mais l’expansion géographique ne se limite pas à l’Europe. Elle passe aussi par l’Asie, où le groupe avance des objectifs de 20 milliards d’euros d’encours sous gestion pour sa filiale CA Indosuez. La banque de financement et d’investissement Crédit Agricole CIB et sa filiale de conservation de titres Caceis doivent aussi accélérer sur ce continent. Sans oublier que cette zone reste aussi un marché clé pour le gérant d’actif Amundi : ce dernier vise une collecte nette de 150 milliards d’euros d’ici à 2028.