Les femmes deux fois moins nombreuses à investir que les hommes

Créé le

09.03.2026

Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’AMF, « tire la sonnette d’alarme » : les femmes sont très largement minoritaires parmi les investisseurs.

Moins de revenus et un moindre patrimoine financier, une aversion bien plus forte au risque : les femmes demeurent nettement en retrait par rapport aux hommes lorsqu’il s’agit d’investissement. Elles ne représentent que 38 % des investisseurs en Bourse, 36 % des investisseurs en financement participatif et 26 % des investisseurs en crypto-actifs, selon le Baromètre de l’épargne et de l’investissement de l’Autorité des marchés financiers, qui publie un « Focus » spécifique sur les femmes, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Ce « sous-investissement des femmes » constitue « un problème majeur », selon Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’AMF, qui « tire la sonnette d’alarme ».

Les jeunes générations modifient quelque peu la tendance

Tout n’est pas noir pour autant. La tendance se redresse quelque peu avec, en 2025, une proportion de 24 % des femmes investissant en Bourse, via des comptes-titres, PEA, ou dans le financement participatif, alors qu’elle n’était que de 21 % en 2023. Les nouvelles générations issues de catégories socioprofessionnelles supérieures portent ce mouvement : 48 % des femmes de moins de 35 ans appartenant à ces catégories investissent dans ces produits. Ces dernières ont d’ailleurs moins d’aversion au risque et déclarent davantage s’intéresser aux questions financières.

Une évaluation plus juste de leurs connaissances

La question des connaissances financières des uns et des autres révèle d’ailleurs un paradoxe intéressant. 51 % des hommes s’estiment compétents en matière d’épargne et de placements, alors que seulement 28 % des femmes font une évaluation similaire. Ces chiffres peuvent être mis en miroir des réponses correctes aux connaissances testées dans le cadre de ce baromètre : 9 % des femmes ont répondu correctement, contre 15 % des hommes. D’aucuns diront qu’il s’agit d’une plus grande lucidité de leur part. La doxa explique quant à elle cette perception par une moindre confiance en elles.

Les femmes et la finance : un « biais d’humilité »
L’équité financière entre hommes et femmes n’est pas qu’une affaire de revenus. Seulement 29 % des femmes estiment savoir comment agir en termes d'épargne et d'investissement, contre 41 % des hommes, selon le Baromètre 2026 de l’éducation financière publié par Spak, spécialiste de l’éducation financière, et basé sur une étude menée avec OpinionWay.
Plus nombreuses à se déclarer victimes d’arnaques financières, elles expriment pour 71 % le besoin d'être guidées par leur conseiller. Les hommes ne sont que 59 % à exprimer ce vœu. Nombre d’entre elles par ailleurs admettent ne pas avoir compris la réforme des retraites. « Ces chiffres révèlent un biais d'humilité féminin bien documenté », déclare Anne-Claire Bennevault, présidente de SPAK et fondatrice de l'Observatoire de l'éducation financière.
Les préjugés culturels ne sont cependant pas seuls coupables : « C'est aussi la conséquence d'un manque d'accompagnement par les professionnels et de confiance construite dès l'école », pointe Anne-Claire Bennevault. La 14e Semaine de l’Éducation financière débute lundi prochain, le 16 mars. A priori, il y a du pain sur la planche.