Moins de revenus et un moindre patrimoine financier, une aversion bien plus forte au risque : les femmes demeurent nettement en retrait par rapport aux hommes lorsqu’il s’agit d’investissement. Elles ne représentent que 38 % des investisseurs en Bourse, 36 % des investisseurs en financement participatif et 26 % des investisseurs en crypto-actifs, selon le Baromètre de l’épargne et de l’investissement de l’Autorité des marchés financiers, qui publie un « Focus » spécifique sur les femmes, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Ce « sous-investissement des femmes » constitue « un problème majeur », selon Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’AMF, qui « tire la sonnette d’alarme ».
Les jeunes générations modifient quelque peu la tendance
Tout n’est pas noir pour autant. La tendance se redresse quelque peu avec, en 2025, une proportion de 24 % des femmes investissant en Bourse, via des comptes-titres, PEA, ou dans le financement participatif, alors qu’elle n’était que de 21 % en 2023. Les nouvelles générations issues de catégories socioprofessionnelles supérieures portent ce mouvement : 48 % des femmes de moins de 35 ans appartenant à ces catégories investissent dans ces produits. Ces dernières ont d’ailleurs moins d’aversion au risque et déclarent davantage s’intéresser aux questions financières.
Une évaluation plus juste de leurs connaissances
La question des connaissances financières des uns et des autres révèle d’ailleurs un paradoxe intéressant. 51 % des hommes s’estiment compétents en matière d’épargne et de placements, alors que seulement 28 % des femmes font une évaluation similaire. Ces chiffres peuvent être mis en miroir des réponses correctes aux connaissances testées dans le cadre de ce baromètre : 9 % des femmes ont répondu correctement, contre 15 % des hommes. D’aucuns diront qu’il s’agit d’une plus grande lucidité de leur part. La doxa explique quant à elle cette perception par une moindre confiance en elles.