Élection présidentielle : les enjeux pour le secteur financier

Dossier réalisé par Laure Bergala

Introduction

Élection présidentielle : les enjeux pour le secteur financier

Chaque élection présidentielle est l’occasion pour les candidats de livrer analyses et propositions concernant les banques et la finance : certains d’entre eux ont livré un texte exclusif pour Revue Banque. L’élection suprême est aussi l’occasion, au-delà des programmes, de s’interroger sur les rapports entre l’économie et la politique ; les banques et la régulation financière ; ou encore le retour d’un cycle politique davantage qu’économique.

élection 2017

Drôle de campagne électorale… mais ne le sont-elles pas toutes ? Événement politique et médiatique majeur en France, l’élection présidentielle qui aura lieu les 23 avril et 7 mai prochains commence à faire l’objet de propositions de candidats sur les banques et la finance, même si l’incertitude est de tous les commentaires cette année. Incertitude sur la teneur précise, voire sur l’existence des programmes, incertitude parfois même sur les candidats, et bien sûr sur l’issue des scrutins du premier puis du second tour. Tous les programmes n’ont pas été publiés noir sur blanc fin février 2017. Mais est-ce vraiment une singularité de 2017 ? En 2002, Lionel Jospin avait rendu public le sien mi-mars.

Cinq candidats dépassent les 10 % dans les intentions de vote dans les sondages depuis plusieurs semaines. Trois d’entre eux – par ordre alphabétique François Fillon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon – ont livré à Revue Banque leurs propositions concernant les banques et le secteur financier, sur des thèmes comme le financement, la fiscalité et la réglementation. Les deux autres n’ont pas souhaité préciser à ce stade leur vision et nous avons publié des extraits de leurs sites Internet : Emmanuel Macron, qui devait présenter son projet le 2 mars, et Benoit Hamon, qui ne s’était pas encore exprimé précisément sur ces thèmes bancaires et financiers.

Orientation de l’épargne, financement de l’économie, de l’innovation et de la transition énergétique, évolution de la réglementation, place des banques dans le contexte du Brexit et de Donald Trump… les candidats ont des approches différentes et parfois opposées. Reste que les banques en tant que telles ne sont plus au cœur des discours des candidats en 2017 comme elles ont pu l’être en 2012, quand la réforme du système bancaire était encore un sujet majeur. Signe d’un certain apaisement dans le rapport que les politiques entretiennent avec la finance, alors que les crises de 2007-2008 puis de la zone euro sont en partie passées ?

Pour aborder le regard des professionnels de la banque, un entretien avec Daniel Karyotis, qui dirige depuis décembre 2016 la plus grande banque populaire en région, Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes, livre sa perception d’un banquier de terrain, pragmatique et attentif à l’environnement complexe dans lequel évoluent les banques aujourd’hui.

L’élection présidentielle est aussi l’occasion de mener des réflexions plus larges pour interroger les relations entre politique et finance en France. Sous l’angle macroéconomique, pour se demander quel est l’impact des incitations économiques initiées par l’État notamment sur l’état de santé du pays : Éric Buffandeau (BPCE) livre une analyse tranchée. Sur l’équilibre entre la volonté politique en matière de réglementation et les institutions financières en France et en Europe : Jézabel Couppey Soubeyran (Université Paris 1) présente son point de vue nourri. Enfin, avec un prisme mondial et géopolitique, Tania Sollogoub (Crédit Agricole) explique que le monde est entré dans un cycle politique qui remise au second plan les préoccupations économiques, un monde teinté de risque populiste… qui ne se matérialisera pas forcément dans les urnes en Europe.

Pour l’heure, la place des banques et de la finance dans les propositions comme dans le débat va sans doute encore évoluer et se préciser, avant de savoir qui tentera de mettre en œuvre son projet après le 7 mai 2017.

Achevé de rédiger le 28 février 2017.

Dossier réalisé par Laure Bergala

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