Solvabilité

Avis de tempête sur l'assurance vie

Baisse des rendements, affaire H2O, mise en vente d’Aviva France : autant de turbulences que traverse le secteur de l’assurance vie en France depuis un an.

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Revue Banque n°849

Coût du risque : Une augmentation sous l’emprise d’IFRS 9

Fin août, l’affaire H2O avait fait grand bruit, nombre d’épargnants craignant de ne plus pouvoir récupérer les fonds logés sur leur contrat d’assurance vie en unités de compte (UC). L’Autorité des marchés financiers venait de suspendre plusieurs fonds gérés par la filiale britannique de Natixis. Le 13 octobre, les souscriptions et achats de parts ont cependant repris, du moins sur la partie liquide de ces fonds, après une importante opération de cantonnement visant à isoler les 15 % de titres non cotés « Windhorst ». Rarissime, cet épisode ne devrait pas détourner les clients de l’assurance vie, assure Daniel Haguet, professeur de finance à l’EDHEC Business School. « La clientèle de H2O n’est pas du tout représentative de l’ensemble des clients de l’assurance vie. Ces fonds étaient surtout proposés par des conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) soucieux de valoriser leur différence. Or la grande majorité de l’assurance vie reste composée des fonds en euros et de fonds profilés. »

Les assureurs persistent à miser sur les UC, afin de contrer la baisse des rendements des fonds en euros. « Les rendements garantis coûtent extrêmement cher aux compagnies d’assurance vie qui en ont encore, rappelle Daniel Haguet. Leur rentabilité va dépendre de leur capacité à proposer de bonnes alternatives aux actifs en euros, comme le fonds Eurocroissance, dont le capital garanti à échéance du contrat leur permet de créer une provision de diversification dynamique à l’intérieur de l’actif en euros. Ils devraient aussi développer des produits sans la contrainte de la liquidité, tels que le Plan d'épargne retraite (PER). »

Une menace juridique et fiscale

Autre coup dur pour l’assurance vie, l’annonce en août dernier du recentrage du groupe britannique Aviva sur le Royaume-Uni, le Canada et l'Irlande, laissant planer le doute sur l'avenir de son partenariat avec l’Afer, première association française d’épargnants. « Les décisions d’Aviva Monde sont industrielles et prises à l’échelle internationale, note l’expert en finance comportementale. Nous allons voir jusqu’où va aller ce modèle original de gouvernance associative. »

Mais la vraie menace qui pèse sur l’assurance vie, à en croire Daniel Haguet, est juridique et fiscale, et elle n’est pas nouvelle. « Depuis 30 ans, l’État ne fait que rajouter de l’impôt supplémentaire à l’assurance vie, pour financer tout et n’importe quoi ». Dernière estocade : les amendements portés par les députés Modem lors de l’examen du dernier projet de loi de finances (PLF) à l’Assemblée nationale, « peut-être pour payer des dépenses du Covid ... »

G.D.

 

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