Crise du Covid-19

Quelle résilience des banques françaises ?

Dossier réalisé par Laure Bergala

Introduction

Quelle résilience des banques françaises ?

La crise issue du Covid-19, crise sanitaire devenue économique, bouleverse les acteurs économiques et bouscule les banques, dont le coût du risque a flambé. Les banques françaises distribuent avec succès le PGE, mais leurs bilans seront-ils assez solides si la crise s’avère durable et profonde ?

Crise du covid-19

« La crise » : le vocable a désigné depuis plus de dix ans la crise des subprime née en 2007 aux États-Unis, qui a atteint l’Europe en 2008, et ses suites. « La crise » est désormais celle issue de la crise sanitaire du Covid-19 qui touche la France et le monde depuis début 2020. Une crise économique provoquée par l’arrêt programmé d’une bonne part de l’économie pendant le confinement, qui risque de déboucher sur la plus grave récession depuis 1945 et sans doute aussi sur une crise sociale. Le PIB a baissé de 5,8 % au premier trimestre et pourrait chuter de 3 points de plus sur l’année, selon la Banque de France.

Les banques françaises avec leur modèle diversifié et leurs bilans renforcés par les réglementations post-2008 se présentent comme solides face à cette nouvelle crise, malgré un sujet récurrent de rentabilité en période de taux durablement bas. Seront-elles résilientes face à la situation inédite issue du confinement et de la crise économique, déjà qualifiée de plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale ?

Les effets de cette crise sur les banques sont de deux ordres : elles sont à la manœuvre et agissent pour soutenir les entreprises en distribuant les PGE, mais elles subissent comme tous les acteurs les conséquences de ces bouleversements aux suites très incertaines.

Opérateurs d’importance vitale (OIV), les banques françaises sont légalement tenues à la continuité d’activité. Elles se sont organisées et ont investi pour fonctionner à distance pendant le confinement tout en maintenant les agences ouvertes, rappelle Maya Atig, directrice générale de la Fédération bancaire française. « Il y a une forme de renationalisation du financement de l’économie, à travers le PGE », déclarait Frédéric Oudéa lors de la présentation des résultats de Société Générale fin avril. Depuis le 25 mars, les banques distribuent des prêts garantis par l’État (PGE) à hauteur de 70 à 90 %. Frédéric Visnovsky, secrétaire général adjoint de l’ACPR, détaille le déploiement du dispositif du PGE et ses résultats, ainsi que ceux de la médiation du crédit dont il est médiateur national. Plus de 65 milliards d’euros avaient été accordés par les banques à 425 000 entreprises courant mai.

85 milliards d’euros avaient été accordés par les banques à 465 000 entreprises le 26 mai, pour près de 559 000 demandes reçues représentant 105 milliards d'euros. BNP Paribas avait reçu plus de 54 000 demandes pour 16,3 milliards d’euros. Au 18 mai, Société Générale avait reçu 70 000 demandes pour 17,4 milliards d’euros et pré-accordé 10,5 milliards d’euros. Au 25 mai, le groupe Crédit Agricole avait reçu 158 600 demandes pour 23,9 milliards d’euros, et BPCE environ 160 000 demandes pour près de 28 milliards d’euros. Crédit Mutuel avait distribué 15,5 milliards d'euros à 95 000 entreprises.

Mais les banques subissent aussi les premiers effets de cette crise, comme le montrent les résultats du premier trimestre analysés par Laurent Quignon, économiste chez BNP Paribas. Dans les quatre groupes précités, les revenus affichent une baisse modérée mais le point saillant est la forte hausse du coût du risque, qui a été multiplié par 2,3.

Faillites et défauts d’entreprises pourraient se multiplier en France et en Europe. La solidité et la solvabilité des banques de la zone euro pourraient être mises à l’épreuve. La crise pourrait-elle déboucher sur une crise financière ? Alain Laurin (Moody’s) et Jézabel Couppey-Soubeyran (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CEPII) analysent, de façons très différentes, les effets possibles de la crise sur les fonds propres des banques, au regard de la réglementation renforcée après 2008 et en partie ajustée aujourd’hui.

 

Dossier réalisé par Laure Bergala

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