L’ISR va-t-il devenir la norme?

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

Introduction

L’ISR va-t-il devenir la norme?

Selon les définitions, l’Investissement socialement responsable (ISR) représente une niche de la gestion d'actifs ou, au contraire, une large majorité des encours. Il fait également une percée en BFI, avec des obligations dites « ISR ». En crise d'identité et en crise de croissance, l'ISR ne sait pas encore vraiment qui il est, ni ce qu’il pèse.

L'ISR va-t-il devenir la norme ?

Plusieurs tendances contradictoires traversent la planète ISR. L'une d'elles peut amener l'ISR à devenir la norme en matière d'investissement ; les autres encouragent une définition restrictive de l'ISR, qui risque alors de demeurer un marché de niche.

La première tendance est portée par les « intégrateurs » : de plus en plus de gérants intègrent les critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) sans pour autant respecter un processus ISR très contraignant. Ces « intégrateurs » font bondir les encours ISR si le choix est fait de les comptabiliser. Dans cette hypothèse, l'ISR représenterait 1 900 milliards d'euros en France sur 2 600 milliards pour la gestion d'actifs dans son ensemble, soit 73 %. À l'échelle européenne, le ratio approcherait les 50 %. Amundi, par exemple, applique des règles d'intégration des critères ESG sur 95 % des encours, la gestion ISR au sens strict ne concernant « que » 8,76 % (voir l'interview de Pierre Schereck). Mais la définition restrictive de l'ISR fait elle-même débat car plusieurs approches existent et peuvent se cumuler : engagement actionnarial, exclusion sectorielle, fonds thématiques, Best in Class [1]... (voir l'article de François Passant).

Au-delà de ce débat interne à la gestion d'actifs, les BFI ont elles aussi leur mot à dire. Société Générale CIB, par exemple, a accompagné Air liquide dans l'émission d'une obligation qualifiée d'ISR (voir l'interview de Félix Orsini).

Dans ce contexte de crise d'identité, le Forum pour l'investissement responsable (FIR) tente de faire émerger un consensus autour d'une définition qui pourrait inspirer l'Europe (voir l'article de Bertrand Fournier). La stratégie Best in Class, dominante en France, se trouve sur la sellette. Elle est en effet difficile à comprendre puisqu'elle n'empêche pas de détenir des titres appartenant à des secteurs sensibles, comme l'industrie pétrolière (voir l'interview de Philippe Desfossés).

Nombre d'investisseurs, notamment les particuliers, réclament une différence plus tangible de la part d'un produit financier qui porte l'étiquette « responsable » (voir l'article de Stéphane Le Page). L'initiative de Novethic, qui a durci les règles d'attribution de son label, pourrait répondre à cette demande. Mais pour que les particuliers s'orientent vers l'ISR, les réseaux bancaires doivent mettre en avant ces fonds, ce qui n'est globalement pas le cas, en cette période peu favorable à la distribution d'OPCVM par les banques. En revanche, via l'épargne salariale, les particuliers investissent de façon significative (25 %) vers l'ISR... au sens strict !

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

[1] Avec cette approche, aucun secteur n’est exclu a priori, mais le gérant ISR choisit dans chacun des secteurs les entreprises les plus vertueuses à la lumière des critères ESG.

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