Climat

Banques internationales : une dépendance persistante aux énergies pétrolières et gazières

Depuis l’Accord de Paris de 2015, les banques internationales ont accordé près de 2 700 milliards de dollars de financements aux énergies fossiles, en hausse chaque année.

Banques internationales : une dépendance persistante aux énergies pétrolières et gazières

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Revue Banque n°843

Europe : L'impact du Brexit sur les places financières

Selon l’étude « Banking on Climate Change 2020 » menée par six ONG [1], 35 banques américaines, canadiennes, chinoises, européennes et japonaises ont financé, entre 2016 et 2019, 2 100 entreprises de l'industrie des énergies fossiles, à hauteur de plus de 2 700 milliards de dollars. Une tendance à la hausse : +5 % en 2019. Sur la totalité de ces financements, 975 milliards de dollars sont allés aux 100 plus gros opérateurs, réalisant même une augmentation de 40 % entre 2018 et 2019.

Si le financement de l'extraction du charbon et de l'énergie est en perte de vitesse, celui des sables bitumineux se porte bien. Les grandes banques américaines sont les principales contributrices au financement des énergies fossiles. À elles seules, JPMorgan Chase, Wells Fargo, Citi et Bank of America apportent 30 % du total.

Des politiques plus rigoureuses en France

Parmi les banques françaises, BNP Paribas, avec 84 milliards de dollars distribués sur ces quatre dernières années, apparaît à la 13e place mondiale. Société Générale occupe la 22e place avec 54 milliards de dollars octroyés, Crédit Agricole la 24e (46 milliards), et BPCE-Natixis la 28e (30 milliards). Le total des financements abondés par des établissements bancaires français s’élève à 215 milliards de dollars sur quatre ans. « Les banques françaises obéissent à des politiques sectorielles en matière de combustibles fossiles parmi les plus rigoureuses, rappelle Lucie Pinson, directrice exécutive de l’ONG Reclaim Finance. Mais avec près de 70 milliards de dollars accordés aux entreprises développant de nouveaux projets d’énergies fossiles, les banques françaises n’ont toujours pas pris la mesure de l’urgence climatique. Le groupe BNP Paribas a ainsi considérablement réduit ses financements aux pétroles et gaz non conventionnels en 2017, mais ses financements aux énergies fossiles dans leur ensemble ont augmenté de 70 % entre 2018 et 2019. » Les banques arguent, de leur côté, que les financements consentis à ces entreprises servent notamment à financer la transition énergétique de ces dernières. G.D.

 

[1] Rainforest Action Network, BankTrack, Indigenous Environmental Network, Oil Change International, Reclaim Finance et Sierra Club.

 

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