Bancassurance : les banques confortent leurs positions

Classement des groupes d'assurance français non vie en 2009

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La diversification entamée par les établissements bancaires a pris du champ. Après l’assurance vie,  sur laquelle la mainmise des bancassureurs n’est plus à démontrer (60 % de parts de marché environ), et l’assurance dommages sur laquelle ils affirment chaque année davantage leurs positions – espérant occuper 20 % du marché dans 10 ans –, ils ont su, de par leur efficacité commerciale, conquérir des domaines autrefois réservés aux assureurs.

Déjà acteur de référence sur le marché de la prévoyance, la montée en puissance de la Banque Postale sur le marché des dommages, fin 2010, devrait contribuer à renforcer davantage le positionnement des bancassureurs.

Face à ces résultats, les initiatives des assureurs dans le domaine de la banque semblent bien timides, mais nécessaires, pour freiner l’érosion de leur clientèle.

Les bancassureurs disposent également d’importants atouts concurrentiels sur les marchés en devenir que sont l’épargne retraite et l’assurance dépendance. Les Français sont encore sous-équipés dans ces domaines, au regard des problématiques soulevées par le vieillissement de la population et par le financement des retraites et des dépenses de santé.

L’épargne retraite ne représentait en 2009 que 10 % des 1 300 milliards d’euros épargnés en assurance vie. Fin 2010, 5,5 millions de personnes étaient couvertes contre le risque de perte d'autonomie par les compagnies d’assurance, les mutuelles et les institutions de prévoyance. La collecte a représenté 538 millions d’euros en 2010, soit une progression de 33 % par rapport à 2009.

Cependant, le devenir de ces produits est soumis à des décisions politiques concernant le financement des retraites et la prise en charge de la dépendance. Il faudra certainement attendre les résultats de l’élection présidentielle de 2012 pour qu’une ligne politique soit arrêtée. A.M.

Ils ont dit

Préserver le modèle résilient de la bancassurance française

« Dans l’UE, la directive de 2002 sur la surveillance complémentaire des conglomérats financiers ne présente en effet aucun des inconvénients ci-dessus. Elle permet l’évaluation de la solvabilité au regard de l’ensemble des risques pris au niveau des activités bancaires et d’assurance consolidées, ce qui n’est pas le cas de BâleIII qui ne prend en compte les activités d’assurance qu’au travers des fonds propres disponibles par catégorie, indépendamment de leurs risques.

Le souci de ne pas affecter des fonds propres à la fois à la couverture de risques bancaires et d’assurance étant appréhendé par le test de solvabilité réalisé au niveau du conglomérat, les participations dans les compagnies d’assurance devraient continuer à être traitées dans les ratios bancaires sur leurs bases actuelles et sans préjudice des périodes de transition prévues.

Selon les dernières indications données sur le contenu du projet européen de Directive CRD4 transposant Bâle III, cette dernière reconnaîtrait le besoin de déterminer les ratios de solvabilité bancaires en tenant compte de l’existence en Europe de la Directive conglomérats. Il est essentiel qu’il en soit ainsi pour préserver le modèle réussi et résilient de la bancassurance française. »

Michel Bilger, responsable de la gestion des fonds propres et du bilan, adjoint au directeur de la gestion financière, Crédit Agricole SA, président de l’AFGAP, Revue Banque n°738, daté de juillet-août 2011, pp. 44-46.

Les difficultés des bancassureurs ne sont pas liées à leur business model

« En Europe, ING n’a pas dû ses difficultés à ses activités d’assurance, très séparées de ses activités bancaires, mais à sa politique de collecte d’épargne liquide à l’échelle internationale. […] Cette grande accessibilité a précipité les difficultés de la banque, qui se sont traduites par une crise de liquidité et pour finir par une prise de contrôle par l’État.

Deux autres exemples méritent d’être évoqués, même s’ils ne concernent pas le modèle traditionnel de la bancassurance. Il s’agit de Natixis et de Dexia. Ces deux établissements ont en effet la caractéristique commune d’avoir pris le contrôle de deux monoliners aux États-Unis. Ceci explique une part importante des difficultés que ces établissements ont rencontrées par la suite. »

Georges Pauget, président Économie Finance & Stratégie SAS, Revue Banque n° 737, daté de juin 2011, pp. 50-53.

Assurances IARD : le fruit convoité par les bancassureurs

« La performance commerciale alliée à la capacité d’organisation des banques laisse présager une progression rapide des parts de marché des bancassureurs au cours des prochaines années : outre les deux bancassureurs “historiques” que sont le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel, les autres sociétés se mettent en ordre de marche pour améliorer encore leurs résultats.

BNP Paribas a lancé un vaste plan de croissance accélérée (P2A), pour se repositionner sur l’assurance non-vie en France. Société Générale Insurance, après avoir racheté les 35% qu’Aviva détenait dans Soggessur, sa filiale d’assurance dommages, a également annoncé un vaste plan de relance de son activité dans les dommages. L’inconnue reste la réussite de la Banque Postale sur ce marché ; l’offre dommages pour les particuliers doit être commercialisée dans le réseau d’agences à partir de la fin du mois de mai 2011.

Des acteurs comme la Caisse d’Épargne, BNP ou la Société Générale sont tout à fait en capacité de doubler leur activité à 10 ans. Si La Banque Postale, en sus, atteint son objectif de parts de marché de 3 à 5% à 10 ans, les bancassureurs pourraient bien représenter 20% du marché de l’assurance non-vie à 10 ans, contre 10% actuellement, explique Antoine Fournier, directeur chez Exton Consulting. »

Annick Masounave, Journaliste, dans Revue Banque n° 736, daté de mai 2011, pp. 22-24.

 

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