Économie

Les enjeux de la grande reflation

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Revue Banque n°855

Banque de détail : la crise accélère une transformation nécessaire

L’économie mondiale fut marquée en 2016–2018 par un processus de reflation mondiale qui présenta bien des similitudes avec la période actuelle : ré-accélération macro, remontée des prix des matières premières, normalisation de l’inflation, hausse des taux longs, forte impulsion budgétaire américaine (Trump en 2017-2018, Biden aujourd’hui).

On sait que ce processus de reflation s’est relativement « mal terminé » pour le marché actions en 2018, avec 2 corrections, l’une « soft » en janvier/février (-10,5 %) et l’autre, plus profonde, très proche d’un bear market (-19,7 %) en septembre-décembre 2018. Le marché ne repartit à la hausse que grâce à un puissant mouvement d’assouplissement monétaire de la Fed en 2019. D’où certaines craintes qui se manifestent aujourd’hui chez des investisseurs.

Mais la grande différence avec 2018 est que le taux de chômage américain est aujourd’hui beaucoup plus élevé et qu’il représente une sous-capacité significative de l’économie américaine. C’est essentiel car c’est ce qui permet de ne pas envisager un resserrement monétaire prochain. Alors même que celui-ci avait démarré dès 2013 aux États-Unis (taper tantrum) pour s’achever précisément en 2018 où le marché avait dû faire face à 4 hausses de taux de la FED et une réduction de son bilan. Et ce processus était généralisé au niveau mondial.

Aujourd’hui, le taux de chômage s’établit à 6,2 % contre 3,5 % il y a un an. Et le taux de participation reste très loin de ce qu’il était (61,4 % contre 63 % avant la pandémie) en raison du retrait massif du marché de l’emploi d’un grand nombre de personnes.

Bref, le taux de chômage ajusté du taux de participation est bien plus élevé qu’en 2018. Et il va rester probablement plus élevé pendant plusieurs trimestres en raison des ré allocations d’emplois au sein des secteurs.

Nous ne nions pas que l’inflation sous-jacente va progresser dans les prochains mois (effets de base, tensions sur les prix à la production). Même chose pour l’inflation générale (effets de base sur les prix des matières premières). Il est raisonnable de penser que l’inflation sous-jacente va atteindre voire dépasser 2,5 % dans les mois à venir aux États-Unis (3/3,5 % pour l’inflation générale).

Mais les données décéléreront à partir du second semestre 2021. Et n’oublions pas non plus que la hausse du prix du baril et des taux longs finiront par peser quelque peu sur la conjoncture américaine à partir de la fin de l’année.

 

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