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La Conférence internationale du travail célèbre cette année sa 100e session

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Revue Banque n°738

La gestion d'actIfs entre en résistance

Les États membres de l’Organisation internationale du travail (OIT) se réunissent tous les ans, chacun étant représenté par une délégation composée de 2 délégués gouvernementaux, 1 délégué employeur et 1 délégué salarié, tous accompagnés de leurs conseillers techniques, dont je fus (côté employeurs, comme il se doit).

Avec 183 États membres, l’OIT est la seule organisation tripartite de l’ONU. Ses missions sont de promouvoir les droits au travail, d’encourager la création d’emplois décents, de développer la protection sociale et de renforcer le dialogue social dans le domaine du travail.

L’OIT est née de la Première Guerre mondiale et de l’idée qu’il ne peut y avoir de paix durable sans un travail décent. L’OIT élabore et supervise des normes internationales propres à atteindre ces objectifs.

Le rôle de la Conférence est ici de définir ce que seront ces normes ainsi que les grandes orientations de l’OIT : à la fois « législateur » et forum de discussion, la Conférence doit ainsi répondre à des enjeux universels, mais aussi fonctionnels. Les ratifications et la mise en œuvre des normes internationales – conventions et résolutions – en dépendent.

Comment ne pas s’étonner, dès lors, que la véritable ruche qui s’installe tous les ans (parfois plus) pour deux semaines à Genève parvienne à un résultat, et ce alors que les niveaux de développement, les difficultés et les aspirations des participants sont aussi variés qu’éloignés les uns des autres ?

Le secret tient en un mot qu’il n’est pas inutile de rappeler: le paritarisme. Sans paritarisme, pas de vision de terrain, pas de légitimité, pas d’assimilation par le monde du travail.

À l’issue des débats de 2011 qui se sont terminés le 17 juin dernier, il y a fort à parier que les textes négociés (protection sociale universelle, droits des travailleurs domestiques) et la discussion sur l’administration du travail ne nourrissent à court ou moyen terme les futures normes de droit social européen et nationaux.

Et enfin, chose inattendue, ces textes aussi techniques que porteurs d’intérêts antagonistes furent unanimement applaudis à l’issue des débats, preuve s’il en fallait que le paritarisme a plus que jamais un sens lorsqu’il s’agit de répondre aux enjeux actuels du monde du travail, et démonstration éclatante de la place que les partenaires sociaux doivent conserver dans l’élaboration du droit, qu’ils sont après tout destinés à appliquer et à faire vivre.

 

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