Titrisation : l’avenir du marché suspendu au traitement des tranches juniors

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Revue Banque n°777

Les dérivés : enfin sous contrôle ?

Pourquoi tant pénaliser les tranches mezzanine d’opérations de titrisation jugées de qualité ? C’est le principal reproche formulé aux régulateurs par les acteurs du marché. Le traitement prudentiel plus favorable accordé à la titrisation par CRD 4 et Solvabilité 2 est en effet réservé aux tranches seniors. Les juniors sont assimilées à des produits structurés complexes et risqués et sont soit exclues du LCR, soit 6 fois plus pénalisées sous Solvabilité 2. « C’est la transaction sous-jacente qui détermine la qualité. Il est possible d’introduire un traitement différencié au passif, en appliquant par exemple des décotes sur les tranches mezzanine… alors, pourquoi les disqualifier d’emblée ? » interroge Fabrice Susini de BNP Paribas. La BCE n’a pas fait le même choix : dans le cadre de son programme de quantitative easing, elle se propose de racheter des tranches mezzanine de titrisation de haute qualité à condition qu’elles soient garanties. Un signal fort qui pourrait mettre la pression sur le régulateur. « Il y a des investisseurs intéressés par les rendements offerts par les tranches mezzanine, mais ce niveau de charge en capital est dissuasif pour eux », interpelle Sidika Ulker de l’AFME. Quelques hedge funds peuvent se permettre d’en acheter, mais l’essentiel des émissions juniors est conservé sur le bilan des banques émettrices. Ce qui ne permet pas à la titrisation de jouer son rôle de transfert de risque et la cantonne dans une mission d’accès à la liquidité. Or, de l’avis des professionnels, le marché ne redémarrera que si ses deux jambes sont fonctionnelles.

 

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