Brexit

Réforme de Mifid 2 : les intérêts de la City menacés

La réforme de Mifid 2 pourrait contrarier les intérêts de la City

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Revue Banque n°842

Services financiers : Faut-il avoir peur des BIG TECHS ?

Du fait du Brexit, les Britanniques ne participent plus à l’élaboration des lois de l’UE, même pendant la période de transition qui a commencé le 31 janvier 2020 ; or, leur influence était particulièrement forte dans le domaine de la réglementation financière. Et leur lobbying consistait notamment à faire adopter des règles susceptibles de créer un environnement favorable aux activités sur lesquelles ils avaient un avantage concurrentiel. Par exemple, lors de l’élaboration de Mifid 2, les Britanniques ont œuvré pour l’adoption du principe d’open access, comme l’explique Julia Stumpf-Théon, Manager chez Cognizant Consulting : « En permettant de traiter et d’exécuter un ordre sur une place et d’effectuer le clearing et le settlement sur une autre, l’open access favorise la City qui a ainsi pu pousser l’avantage qu’elle avait sur l’exécution et le trading des dérivés, points forts du London Stock Exchange. À l’inverse, cette approche a défavorisé Deutsche Börse. » Avec la réforme en cours de Mifid 2, les Européens ont l’occasion de revenir sur des règles qui avaient été forgées sous l’influence des britanniques et ce principe d’open access, par exemple, pourrait disparaître.

Si les Britanniques veulent continuer à accéder au marché européen en demandant à l’UE des équivalences, leur position sera beaucoup moins confortable que par le passé puisqu’ils devront se conformer aux règles de l’UE dont l’élaboration leur échappera. Toutefois, les déclarations de Boris Johnson insistent sur son désir d’indépendance réglementaire vis-à-vis de l’UE et la menace d’un Singapour sur Tamise est régulièrement agitée. Pour Julia Stumpf-Théon, le scénario d’un Royaume-Uni qui divergerait nettement de l’UE sur le plan réglementaire est très peu probable : « avec un tel scénario, le risque serait, pour le Royaume-Uni, de voir les investisseurs préférer opérer au sein de l’UE qui leur offrira davantage de sécurité. Certes, la City leur offre une liquidité importante mais celle-ci va inévitablement se réduire avec le Brexit et la liquidité des places de Paris et Francfort augmente à mesure qu’elles rachètent des places boursières ; par exemple, la Bourse d'Oslo a été achetée dernièrement par Euronext. »

Pour rappel, la période de transition pendant laquelle le Royaume-Uni est contraint d’appliquer les lois de l’UE s’achève le 31 décembre 2020, sauf demande de report que Boris Johnson a dit exclure de ses intentions. S. G.

 

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