FMI : stress-test sur les banques françaises

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Revue Banque n°749

Les agences de notation : en finir avec l'oligopole

En 2012, c’est au tour des banques françaises de subir le stress-test du FMI, dans le cadre du FSAP [1]. Cet exercice revient tous les cinq ans dans les pays dotés d’un système financier développé et systémique. Il sera également appliqué cette année par le Japon, l’Espagne, l’Australie ou encore le Brésil.

Dans l’Hexagone, les établissements semblent mal à l’aise avec ce stress-test, à en croire les confidences d’un banquier : « Le principe même de devoir réaliser un stress-test à la demande d'un organisme qui n'est pas notre régulateur et n'a pas d'autorité légale nous pose un problème. Dans la mesure où cet exercice est coordonné par l'ACP, nous y répondons, mais le process nous pose un problème : ce stress-test n’étant pas appliqué à l’ensemble des pays européens, il induit une distorsion de concurrence ; de plus, nous ne disposons d’aucune garantie d'équité méthodologique entre les pays pour les futurs exercices ; enfin, les pratiques du FMI ne sont soumises à aucun contrôle. »

Et la critique ne s’arrête pas là : « Les modalités d'échanges avec les équipes du FMI sont très insatisfaisantes. Les possibilités de discussion ont été trop rares. » Les banques auraient aimé exposer leur point de vue au FMI, « qui est exclusivement dans une idéologie de full fair value et de mark to market généralisé, poursuit le banquier. Cela donne des approches insatisfaisantes des portefeuilles de prêts immobiliers retail. »

Le professionnel estime que l’exercice conduit par le FMI ressemble au stress-test demandé aux banques par l'EBA en 2011, à quelques nuances près : « Dans le stress-test du FMI, l'utilisation des modèles internes est plus large, en particulier sur la titrisation, et des projections à 5 ans sont demandées. Ces projections ont un sens assez limité, car la dépendance à des hypothèses est très forte, mais il semble que le FMI y tienne. » L’exercice est donc plutôt mal vécu du côté des banques. S. G.

Ces projections ont un sens assez limité car la dépendance à des hypothèses est très forte,

[1] Financial Sector Assessment Program.

 

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