Identifier les compétences professionnelles : une œuvre de longue haleine

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Revue Banque n°740

Les banques centrales en dehors des sentiers battus

L’Observatoire des métiers de la banque s’efforce d’approfondir la question des compétences professionnelles. Fréquemment, les consultants associés aux études sur les métiers fournissent, en guise de référentiels de compétences, de simples listes de connaissances requises pour la pratique de ces métiers. Faute d’atteindre à une définition générique de la compétence, ces listes ne livrent aucun enseignement sur les véritables qualités nécessaires à l’entrée d’un métier, durant son exercice, ou lorsqu’il s’agit d’en sortir. Pour essayer de progresser sur ce terrain, l’Observatoire a organisé le 4 mai 2010 un colloque [1] sur les compétences qui a mis en présence différents spécialistes de la question. Les échanges ont été riches, encore fallait-il mettre à l’épreuve les avancées conceptuelles esquissées. C’est ce qui a été recherché dans un travail sur les métiers des traitements administratifs de la banque de détail. Alors que les métiers avaient été identifiés et décrits dans une étude antérieure, on se penchait maintenant sur les compétences fondamentales qu’ils mettent en jeu.

L’étude réalisée avec un cabinet spécialisé [2] s’appuie sur une approche de la compétence qui entend dépasser le traditionnel triptyque « savoir », « savoir faire », « savoir être ». Elle les fusionne dans un « savoir agir » qui vise à s’abstraire des controverses sur les notions de « savoir » (aptitudes ? savoirs fondamentaux ? connaissances appliquées ?) ou de « savoir être » (prédispositions ? adaptations comportementales ?). Il s’agit ici de déceler et de mesurer l’aptitude – en prenant en compte toutes les connaissances et  dispositions personnelles – à répondre in situ aux exigences multifacettes d’une fonction.

L’étude emploie comme matériau de base les grilles d’évaluation des personnels d’un certain nombre d’établissements (grilles consultées et/ou présentées par des responsables RH). Elle établit des fiches « d’actes professionnels à réussir » pour une dizaine de fonctions de back-office et pour quatre fonctions managériales transverses.

Le résultat obtenu constitue un pas en avant, mais des progrès restent à faire dans la bonne direction. Il entre en effet dans la mission de l’Observatoire de façonner un référentiel et une méthode d’emploi qui guident les mobilités professionnelles intra- et extrasectorielles. Les études de l’Observatoire recèlent l’amorce d’une réponse pour chaque métier étudié. Des organismes comme Pôle Emploi sont confrontés quotidiennement à cette question des compétences transposables. Le ROME [3] apporte une réponse « de masse » intéressante, mais les mailles sont trop larges et mal adaptées aux métiers bancaires actuels. Dans un autre domaine, le Centre de formation de la profession bancaire (CFPB) dispose d’un riche gisement de référentiels ​: ceux qu’il réalise en préalable à la définition de sa pédagogie sur les métiers. Mais son optique est évidemment celle de la formation, elle est proche de celle de l’Observatoire en ce qu’elle répertorie des connaissances, voire des qualités comportementales. Elle ne vise pas à dégager des aptitudes plus fondamentales qu’un salarié va réinvestir d’un métier à l’autre, d’un secteur à l’autre, d’une entreprise à l’autre… mouvements que l’Observatoire a précisément pour vocation d’éclairer.

[1] « Regards croisés sur la notion de compétence professionnelle », disponible sur www.observatoire-metiers-banque.fr.

[2] Maestro Consulting, G.Devillers. Voir sur le site.

[3] « Répertoire Opérationnel des Métiers et des Emplois » de Pôle Emploi. Une « Version 3 » du ROME sera présentée à l’Observatoire le 1er décembre 2011.

 

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