Dialogue social

Les négociations salariales s’achèvent dans le brouillard

Les grands groupes bancaires n’ont accordé que très peu d’augmentations générales, alors que les annonces de fusions et réorganisations se multiplient.

Les négociations salariales s’achèvent dans le brouillard

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Revue Banque n°853

BILANS BANCAIRES : Les cessions de prêts non performants encouragées

La saison des négociations annuelles obligatoires (NAO) s’achève, et elle est globalement décevante, estiment les syndicats. Dans la plupart des banques adhérentes de l’Association française des banques (AFB) – BNP Paribas, HSBC ou LCL – des « primes exceptionnelles de pouvoir d'achat » (PEPA) ou « primes Macron » devraient encore une fois être versées aux salariés. « Mais cette prime exceptionnelle en est déjà à sa troisième année, s’agace Frédéric Guyonnet, président du SNB/CFE-CGC. L’exceptionnel devient récurrent ! » Les négociations se sont conclues par un procès-verbal de désaccord à la Société Générale, la direction estimant que l’entreprise était en difficulté et rappelant les mesures prises contre le Covid-19 ainsi que le supplément d'intéressement déjà octroyé.

Manque de visibilité sur 2021

Quant aux grands groupes mutualistes, ils n’ont accordé aucune augmentation générale, à l'exception du Crédit Mutuel Alliance Fédérale, qui regroupe 13 fédérations et les CIC. Leurs salariés vont donc bénéficier d’une augmentation générale de 0,5 %, avec une mesure plancher de 185 euros pour les salariés dont le revenu annuel est inférieur à 37 000 euros bruts ainsi qu’un supplément de prime PEPA de 900 euros défiscalisés. Au sein du groupe Banque Populaire, où la direction proposait pourtant une augmentation généralisée de 0,5 % pour les salaires jusqu’à 36 000 euros, l’accord n’a été signé que par le SNB/CFE-CGC, et ne verra donc pas le jour. « Compte tenu du contexte général, il ne nous semblait pourtant pas si mal », regrette Frédéric Guyonnet. Car dans la plupart des groupes bancaires, aucune proposition de mesures d’augmentation générale n’a été formulée par la direction. « Nous savions que ces NAO seraient compliquées en raison du manque de visibilité sur 2021, relate Frédéric Guyonnet. Les banques ont plutôt bien terminé 2020, avec des dépôts de bilan et des liquidations judiciaires très peu nombreux. Mais avec la crise, les clients parviendront-ils à rembourser en 2021 les prêts contractés ? Les banques tablent sur une hausse des contentieux au cours des mois à venir. »

De très nombreuses réorganisations attendues

Les syndicats se montrent par ailleurs très attentifs, en ce début d’année, aux nombreuses réorganisations annoncées au sein des réseaux bancaires. Les dossiers s’empilent : fusion des réseaux de détail de Société Générale et Crédit du Nord, suppressions d’agences chez LCL, rapprochement de plusieurs fédérations avec Crédit Mutuel Alliance Fédérale, départs en retraite d’un tiers des dirigeants chez Banque Populaire et Caisse d’Épargne, plan de restructuration chez HSBC France, dont l’activité banque de détail n’a toujours pas trouvé repreneur officiel. G.D.

 

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