Témoignage

« Nous ne sommes pas une entreprise hors sol »

Le comité d’entreprise du site de BNP Paribas à Pantin revient sur la genèse du partenariat organisé avec AVVEJ - Rencontre 93 autour de l’exposition des grafs faits par les adolescents suivis par l’association. Un moyen de sensibiliser les salariés du site à la vie du territoire environnant, mais aussi à une forme nouvelle d’art et d’expression.

L'auteur

    • Secrétaire
      Comite d'entreprise de l'UES Métier Titres France de BNP Paribas
    • Responsable des animations sur site
      Comité d’Entreprise de l'UES Métier Titres France de BNP Paribas

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°788

Titrisation : pour une meilleure répartition des risques

Comment est né ce partenariat ?

Il y a un peu plus d’un an et demi, Véronique Ledos a eu un premier contact avec la direction, puis le relais a été passé au comité d’entreprise, l’animation sur site étant de notre ressort. Avec l’ancienne responsable du CE, nous avons alors rencontré l’AVVEJ, nous sommes allés la visiter, comprendre leur action auprès des jeunes. Nous avons été convaincus par cette équipe dynamique et passionnée, et leur avons proposé notre espace interne d’exposition pour accueillir les œuvres réalisées par ces jeunes. Nous sommes en effet sensibles aux partenariats qui relèvent d’une action locale, qui permettent d’organiser des échanges avec notre environnement. Sur ce plan, le graf est une activité très représentative sur le territoire, et c’était l’occasion de montrer à nos salariés que les graffitis sont aussi une forme de « street art », que l’on ne peut résumer à une pollution visuelle. Pour les jeunes de l’association, cela leur permettait d’avoir un regard extérieur (en l’occurrence celui des salariés) sur leurs travaux, mais aussi un premier contact avec l’entreprise.

En outre, aider des jeunes en voie de réinsertion rejoint l’action sociale, chère au CE.

Pourquoi privilégier les actions locales liées au territoire d’implantation du groupe ?

Notre site, qui est classé sensible, est très protégé et fonctionne parfois un peu comme un campus en circuit fermé. Pour autant, nous ne sommes pas une entreprise hors sol, mais implantée sur un territoire qui a son histoire et ses problématiques. Ces animations permettent d’organiser des échanges avec cet environnement et d’en montrer les évolutions positives, encourageantes, qui se font discrètement, grâce au travail de professionnels convaincus.

Dans quelles conditions s’est déroulé ce partenariat ?

L’exposition présentait le travail des jeunes de l’atelier scolaire de Rencontre 93, mais aussi des textes, des récits de vie, rédigés par ces derniers, ainsi que les œuvres de jeunes de l’association avec laquelle Rencontre 93 AVVEJ travaille au Vietnam (lire l’article). Nous avons voulu donner à ces jeunes les mêmes conditions muséographiques que pour n’importe quel artiste accueilli dans notre espace (un éclairage et un accrochage dignes de ce nom). En outre, deux jeunes de l’atelier scolaire étaient présents en permanence sur l’exposition, pour réaliser les commandes des salariés.

Enfin, nous avons organisé une « performance live » durant l’exposition : du cellophane a été tendu entre deux piliers et les jeunes de Rencontre 93 ont réalisé une œuvre en direct et en plein air, devant les salariés à qui nous avions donné rendez-vous. Les jeunes avaient un trac fou, puis ils se sont lancés !

Comment l’exposition a-t-elle été ressentie par les salariés de la banque ?

Les salariés ont été très nombreux à venir voir ces œuvres. De toutes les expositions présentées dans cet espace, depuis octobre dernier, c’est celle qui a réuni le plus de visiteurs. Beaucoup de collègues ont été émus par ces récits et ces formes d’expression parfois très poignantes : les explications données par certains jeunes sur leurs dessins ont montré comment ceux-ci retraçaient une partie de leur vie et des situations familiales parfois difficiles.

De leur côté, les jeunes étaient très intimidés au début, puis le contact s’est peu à peu établi. Et il nous a semblé qu’ils avaient une grande fierté d’être là, d’être sollicités pour des commandes et que le regard porté sur leur travail était une façon de se revaloriser soi-même.

Quelles suites pourrait avoir cette première rencontre ?

À travers cette exposition, nos salariés ont fait connaissance avec l’AVVEJ, et de ses missions auprès des jeunes. Ce précédent nous incite à poursuivre le chemin et nous avons discuté récemment avec Véronique Ledos sur un projet de médiation éducative autour de l’équitation, qui pourrait s’accompagner d’une opération de crowdfunding ouverte aux salariés pour aider à financer ce projet en interne.

 

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