Cet article appartient au dossier : Gestion des ressources humaines : les ruptures annoncées.

Carrières : convaincre les hauts diplômés

Le secteur bancaire a aujourd’hui du mal à attirer les hauts diplômés. La BFI, cible de prédilection de ces derniers, recrute peu. La banque doit aujourd’hui se réorganiser pour les séduire, leur donner une visibilité de carrière et travailler une image employeur écornée par la crise.

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Banque & Stratégie n°338

Gestion des ressources humaines : les ruptures annoncées

Hier secteur de prédilection des talents, les banques françaises n’ont plus la cote. Aujourd’hui, rares sont en effet ceux à postuler spontanément. Jusqu’en 2008, le secteur bancaire, et en particulier les métiers de la banque de financement et d’investissement, avait pourtant le vent en poupe. Pour séduire, il n’était nul besoin d’avoir en interne de politique de recrutement : c’était tout naturellement que les diplômés des grandes écoles postulaient et faisaient carrière. À titre d’indication, la Société Générale comptait parmi les plus gros employeurs de jeunes polytechniciens.

Alors pourquoi un tel revirement ? Le secteur a subi de plein fouet la crise économique, mais aussi financière. Pour résister à cette onde de choc, les banques ont dû procéder à des restructurations massives et au gel de leurs embauches de 2008 à 2014. La précarité a fait son entrée dans ces vénérables établissements. On pouvait ainsi voir de jeunes recrutés congédiés avec un an seulement d’ancienneté. Du jamais vu dans la profession ! Et les scandales à répétition (Kerviel, subprime, Madoff) ont eu raison des derniers atermoiements. Depuis 2014, on observe néanmoins une très légère embellie dans le secteur.

Pour autant, les banques françaises ont encore de belles opportunités à offrir, mais ne savent pas comment conquérir ces talents. En effet, les candidats s’interrogent sur leur avenir dans le secteur, leur plan de carrière, leur rémunération, leur équilibre entre leur vie personnelle et professionnelle, leur mobilité à l’international…  À la différence du secteur industriel, qui est capable de leur proposer une projection de carrière sur les dix prochaines années, les banques les laissent dans l’incertitude, ne sachant pas elles-mêmes où les vents les mèneront. Avec la crise, elles doivent repenser leur business model et inventer leur avenir. Si, avec la crise, les banques ont perdu en rentabilité, elles comptent aujourd’hui sur de nouveaux relais de croissance comme le digital, mais aussi plus classiquement la gestion privée, métier ancestral mais redécouvert grâce à la crise.

Ces deux expertises retiennent l’attention des talents, mais ceux-ci ont aujourd’hui le choix et l’argent n’est pas nécessairement une priorité. Ils cherchent avant tout un sens à l’exercice de leur métier, ainsi qu’une éthique. À titre d’exemple, des groupes industriels comme Michelin et Schneider savent capter leur attention grâce à un « ADN maison socialement responsable ». Les banques françaises doivent ainsi travailler leur marque employeur, faire de la pédagogie et se créer une « nouvelle virginité ». Elles doivent également faire progresser leurs outils de gestion prévisionnelle des talents ainsi que leurs programmes de formations internes, qui restent un moyen efficace pour fédérer, fidéliser les talents et imprimer une culture maison.

 

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