Paiement sur mobile

Apple Pay : le paiement NFC à la sauce Apple

Soupçonné depuis longtemps de s’intéresser au secteur financier, Apple a finalement annoncé, le 9 septembre dernier, le lancement d'Apple Pay. Ce service de paiement NFC sera d’abord lancé dès ce mois-ci aux États-Unis, avant peut-être d’être exporté en Europe et en Asie.

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°776

Sharing economy : un nouveau business tisse sa toile

Depuis plusieurs années, les ambitions d’Apple dans le domaine financier n’étaient qu’un secret de Polichinelle. La question n’était pas de savoir si Apple allait se lancer, mais quand et comment. Depuis le 9 septembre 2014, et la conférence de lancement d’iOS 8, nous savons déjà à quoi ressemble la première étape : Apple Pay. Il reste néanmoins beaucoup de questions avant de voir un jour son déploiement en Europe.

Apple Pay, c’est quoi ?

Un service qui combine technologie NFC et biométrie pour permettre aux porteurs américains de certains produits Apple (les smartphones iPhone 6 et iPhone 6 plus, de même que la montre connectée Apple Watch) de payer d’un seul geste aussi bien en ligne qu’en magasin. Les iPhone 5, 5C et 5S pourront également l’utiliser, mais uniquement via la montre, et sans l’authentification par empreinte digitale. Il sera fonctionnel sous la forme d’une mise à jour d’iOS8, le système d’exploitation pour appareil mobile d’Apple, dans le courant de ce mois.

Comment fonctionne Apple Pay ?

Le service se veut un wallet qui utilise des cartes bancaires mémorisées dans l’iPhone, ou plus exactement stockées et chiffrées dans la puce NFC qui fait également office de secure element. Le paiement se fait alors en utilisant Touch ID et les cinq empreintes digitales déjà en mémoire dans l’appareil. Ces empreintes sont généralement toutes celles du propriétaire de l’appareil, mais rien n’empêche d’y lier cinq personnes différentes.

Qui supporte Apple Pay ?

Au moment du lancement, Apple annonce avoir passé des accords avec Visa, MasterCard et American Express aux États-Unis. Si ceux-ci ont confirmé, ils sont très réservés sur les conditions d’utilisation de ce nouveau système de paiement. Chris Kangas, responsable produits NFC et sans-contact de Mastercard, explique notamment qu’Apple Pay « n’est qu’un des wallets auxquels se connecte MasterCard’s Digital Enablement Service (MDES) » et renvoie la décision de l’activer aux différents émetteurs de cartes Mastercard. Pour lui, comme Apple Pay est compatible avec Paypass, il n’y a pas d’obstacle technique à son usage dans les 66 pays utilisant le paiement sans contact dans sa version MasterCard. Pour le reste, « MasterCard ne peut commenter, en raison d’accord de confidentialité avec Apple ». Et les autres émetteurs de cartes ont, à quelques nuances près, la même réponse.

Combien coûtera Apple Pay ?

La question clé est ici. Pour les utilisateurs américains, le service sera gratuit une fois passé l’acte d’achat des téléphones ou de la montre. Pour les commerçants et les banques, Apple prendrait une commission supplémentaire en tant que processeur de paiement. Si les chiffres ne sont pas validés par Apple, les habituelles sources bien informées tablent sur une commission de 0,15 %, à ajouter aux commissions d’interchange bancaires classiques.

Apple Pay est-il sûr ?

Apple affirme que toutes les données confidentielles (informations bancaires et empreintes digitales) sont stockées de manière chiffrée dans le téléphone, et qu’un code unique est utilisé à chaque fois pour valider la transaction. Apple précise même que, depuis iOS8, il n’a plus les clés de chiffrement des téléphones et tablettes, qui sont stockées dans l’appareil en lui-même. En cas de vol, une fonctionnalité supplémentaire « Localiser mon iPhone » permettra d’effacer à distance les informations.

Apple Pay arrivera-t-il en France ?

Si pour l’instant, Apple ne lance ce service qu’outre-Atlantique, Visa estime qu’il pourrait arriver en Europe d’ici à 2015. Néanmoins, pour l’implanter en France, il faudra répondre à deux interrogations majeures. Le paiement via Touch ID dans le commerce physique sera-t-il autorisé ? La CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) se penche d’ores et déjà sur la question, mais n’a pu donner un avis tranché à l’heure où nous écrivons ces lignes. La commission imposée par Apple passera-t-elle auprès des commerçants et des banquiers ? Alors que l’Europe fait tout pour réduire le plus possible les commissions d’interchange, un taux de commission supplémentaire pourrait freiner l’adoption. À moins que l’expérience américaine montre aux commerçants qu’il y a de nouveaux clients à aller conquérir. D’autant que si Apple Pay est un succès, rien n’empêche d’adapter le même geste pour les autres téléphones NFC. L’effet de mode peut parfois aider le paiement.

 

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