Money 20/20 Europe

Copenhague : capitale de la FinTech européenne ?

Présent depuis de nombreuses années à Las Vegas, l’événement Money 20/20 a donné naissance cette année à une version européenne qui s’est déroulée du 4 au 7 avril dernier à Copenhague.

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Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°796

Banque de détail : le modèle de distribution évolue

Alors que Cartes s’apprête à se transformer en Trustech et se délocalise à Cannes en décembre prochain, un nouvel événement s’intéresse à la sphère financière européenne. Baptisé Money 20/20 Europe, il s’intéresse plus particulièrement aux relations entre banques et FinTech, ces entreprises qui veulent bousculer les échanges financiers. S’il dispose d’une partie exposition classique, son principal intérêt consiste en une série de conférences et présentations facilitant la mise en relation entre les différents participants, et en la multiplication des rencontres individuelles pour tisser de nouveaux liens professionnels. Durant cette première édition, l’accent a été plus particulièrement mis sur la façon dont les FinTech vont révolutionner le monde bancaire, et plus particulièrement son back-office. De nombreuses sociétés venaient ainsi présenter leurs solutions.

Faciliter l’enrôlement, l’eldorado des nouveaux clients

Outre la technologie basée sur le blockchain dont nous parlons dans les pages suivantes, l’élément le plus crucial réside dans l’authentification rapide des documents pour l’ouverture d’un compte et pour accélérer au maximum la procédure de KYC (Know your Customer). Ainsi Gemalto propose une solution entièrement automatisée pour l’enrôlement des nouveaux clients à partir d’un guichet automatique, avec la reconnaissance et la validation de 660 types de documents officiels, la reconnaissance faciale et d’empreinte et la mise en relation en mode Saas avec différents établissements (BCE, Interpol, organismes de vérifications de crédit, etc.). La société israélienne Au10tix propose le même service et s’appuie pour cela sur son savoir-faire dans le contrôle aux frontières exécuté par sa société mère ICTS dans les aéroports. Après avoir convaincu avec son API certains nouveaux entrants du monde financiers comme PayPal ou Google Pay, la société séduit à nouveau les banques avec son offre Saas et sa promesse de valider les pièces soumises en moins de 10 secondes. Ainsi, au Royaume-Uni, Renault Nissan l’utilise depuis quatre ans pour ses offres de crédit, et la branche française devrait bientôt l’adopter. Toujours dans le même genre, la société Mitek utilise l’appareil photo présent dans la plupart des smartphones pour faciliter l’enrôlement dans une application mobile. Vendue sous licence, sa technologie s’intègre dans l’application mobile de façon transparente et permet de vérifier qu’un document est authentique, mais également d’utiliser les informations qu’il contient pour préremplir un formulaire et faire gagner du temps à l’utilisateur final.

Les besoins des PME séduisent les FinTech

Un autre secteur qui attire beaucoup les FinTech est l’aide aux petites et moyennes entreprises. Trop souvent négligées par les banques, car ayant des besoins à mi-chemin de ceux du particulier et ceux du grand compte, elles attirent des start-up plus discrètes, mais tout aussi performantes. Ainsi, la société belge Fx4bix accompagne les PME qui se lancent à l’internationale en leur permettant d’ouvrir rapidement un compte bancaire dans le pays où ils veulent s’installer, et en permettant de faire des transferts de fonds entre 17 devises gratuitement. « Nous leur offrons en plus l’accès à une salle de marché en ligne à des cours pratiqués habituellement par la banque d’investissement », explique Maxime Champoux responsable dealing chez Fx4biz, « avec en plus des services de couverture de blocage de cours, pour éviter les pertes sèches dues à la volatilité du cours, et les services de la banque de détail classique sur une plate-forme en ligne. » Lancée en octobre 2014, la plate-forme a géré en 2 015 800 millions d’euros en volume de paiement avec un peu moins de 1 000 clients PME. « À 60 %, ils viennent de France et à 15 % de Belgique », précise Maxime Champoux. Si la société s’appuie sur le savoir-faire de deux banques, l’une danoise et Crédit Mutuel Arkea en France, elle a développé en interne sa technologie pour créer des comptes de paiements IBAN, multidevises à ses clients. La société offre la tenue de compte, et se rémunère sur les conversions de devise. Elle a également développé une API pour s’intégrer aux systèmes d’informations des acteurs institutionnels. Dans ce cas, outre le financement sur le spread, la société facture un forfait en fonction de l’activité sur son service. Autre exemple de service à destination des PME : Hufsy. Cette plate-forme d’agrégation bancaire danoise s’adresse directement aux sociétés et leur propose sous forme d’un tableau de bord d’avoir toutes les informations et tous les outils nécessaires à la tenue de leurs budgets, le tout étant séparé en dépenses et recettes comme dans une comptabilité classique. Cette plate-forme en ligne est supportée pour l’instant par la banque ukrainienne FIDO Bank, où les sociétés clientes doivent obligatoirement domicilier leurs comptes. Mais elle recherche actuellement d’autres partenariats avec des banques européennes, si possible disposant d’API ouvertes. Enfin, la société SDK Finance s’intéresse, de son côté, à un marché totalement oublié des banques : les banques elle-même. Cette société ukrainienne est une pure société de développement informatique qui s’est spécialisée dans le développement d’une cinquantaine d’API pour couvrir l’ensemble des transactions possibles. La société propose donc à ses clients (banques, FinTech ou autres) de monter pour eux une application en ligne ou mobile transactionnelle personnalisée et de gérer à leur place tout le support informatique lié au back-office de l’application elle-même. Le support lié à l’usage des données internes au système d’information du client reste à la charge de ce dernier. Cette méthode permet de réduire drastiquement les temps de développement des applications d’un an en moyenne à trois ou quatre mois avec un investissement limité. Une solution qui pourrait bientôt séduire une clientèle française, si les discussions entamées durant le salon aboutissent.

 

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