Un social-démocrate à la Bundesbank

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°863-864

RÉTROSPECTIVE PROSPECTIVE

Il y a quelques semaines, l’annonce du départ de son prédécesseur, six ans avant le terme de son mandat (lire Revue Banque n° 861), avait surpris, en Allemagne et ailleurs. Il ne restait que quelques jours à la coalition « feu tricolore » aux manettes à Berlin pour trouver un remplaçant à Jans Weidmann, surnommé « Herr Nein », qui n’avait pas masqué avant de démissionner de la Bundesbank son opposition à la politique monétaire accommodante de la BCE. Joachim Nagel a été proposé in extremis par le nouveau chancelier, le SPD Olaf Scholz, et le ministre des Finances, le libéral Christian Lindner, et approuvé par le Conseil des ministres le 22 décembre. À l’heure ou le pays et son gouvernement tripartite (social-démocrate, libéral et vert) s’interrogent sur la tradition rigoriste de la banque centrale allemande, ce membre du SPD incarne le compromis. À la fois ordo-libéral et pragmatique, économiste et praticien (il a passé dix-sept ans à la Bundesbank, dont six au directoire, trois ans à la banque publique d’investissement allemande et quelques mois, avant cette dernière nomination, à la Banque des règlements internationaux), il fait pour l’instant l’unanimité, rassurant notamment les milieux bancaires outre-Rhin, qui militent pour un renchérissement des taux d’intérêt et une plus grande stabilité monétaire. Mais cet assentiment pourrait ne pas durer et se fracasser rapidement sur la question, très sensible en Allemagne, de l’inflation et de la solidarité financière européenne.