Les obligations durables en plein boom

Les obligations durables en plein boom

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°865

Paiements : Le grand chambardement

Véritable phénomène sur le marché obligataire, les obligations durables ont vu leur volume croître de 90 % en 2021, selon les chiffres de Crédit Agricole CIB, pour atteindre 780 milliards d’euros arrêtés à mi-novembre 2021. Cela recouvre les green bonds, social bonds, sustainability bonds et les sustainability-linked bonds (SLB). La banque souligne que de nouveaux acteurs sont entrés sur le marché, notamment par le biais des SLB. Ces emprunts n’imposent pas de flécher l’argent vers des projets verts ou sociaux. En revanche, l’émetteur s’engage à atteindre certains objectifs chiffrés en matière d’enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). À défaut, son coupon est revu à la hausse. Crédit Agricole CIB anticipe une progression de 50 % de l'offre d’obligations durables en 2022, pour atteindre 1,2 trillion d’euros. Les green bonds devraient rester l’instrument le plus utilisé, avec plus de 52 % des nouvelles émissions. Les SLB devraient continuer leur percée pour représenter 20 % des émissions, les social et sustainability bonds se partageant le reste du marché (14 % chacune). Étant donné l’appétit des investisseurs pour ces typologies de titres, les obligations durables présentent souvent un « greenium », une prime négative par rapport aux rendements des obligations conventionnelles. Mais l’année 2022 pourrait aussi voir apparaître une plus grande sélectivité, certains émetteurs étant accusés de greenwashing. C'est le cas, par exemple, de l’aéroport de Hong Kong, qui a levé 1 milliard d’euros d'obligations vertes dans le cadre du financement de son expansion.