Change & Taux

Zone euro : vers un pacte pour la croissance ?

L'auteur

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°749

Les agences de notation : en finir avec l'oligopole

Alors que depuis plusieurs mois déjà l'économie européenne vit au ralenti, la nette inflexion des indicateurs conjoncturels des dernières semaines est inquiétante. Les indices PMI font désormais partout état, au mieux d'une stagnation de l'activité (c'est le cas notamment en Allemagne), au pire d'une chute rapide (en Italie, l'enquête est tombée à un niveau associé normalement à une contraction du PIB de près de 4 % l'an). Et si les conditions de crédits semblent avoir cessé de se resserrer, la demande de crédit – en particulier à des fins d'investissements – baisse rapidement. Presque partout, les taux de chômage, déjà très élevés, ont repris leur ascension.

Le contraste avec la poursuite – au rythme (certes modéré) de 2 % l'an – de la croissance américaine est frappant. Il ne saurait pourtant surprendre. Alors que les États-Unis ont privilégié le redémarrage de l'économie à la réduction du déficit public, la zone euro, espérant regagner la confiance des marchés, a « poussé » les pays, les uns après les autres, à rééquilibrer rapidement leurs budgets. L’échec de cette stratégie est désormais patent. Faute de croissance, l'Espagne a, en 2011, manqué sa cible budgétaire de près de 3 points de PIB, et sans un ajustement comptable exceptionnel le Portugal aurait lui aussi affiché, pour la même année, un déficit de près de 8 % du PIB, très supérieur à son objectif de 5,9 %.

On comprend, dans ces conditions, que la croissance soit revenue, depuis quelques semaines, au centre des préoccupations des gouvernements européens… même si les mesures envisagées par chacun sont loin d’être les mêmes. La proposition récente d'Olli Rehn, vice-président de la Commission européenne, d'augmenter de 10 milliards d'euros le capital de la BEI et sa capacité de prêts de 60 milliards irait, si elle était adoptée, dans la bonne direction ; mais elle ne peut suffire à amener le soutien nécessaire. Seul un retour moins rapide à l’équilibre budgétaire pourrait le permettre. S'ils veulent éviter d'être à nouveau confrontés à un risque de crise systémique, les gouvernements de la zone euro vont devoir rapidement l’accepter !

 

Articles du(des) même(s) auteur(s)

Sur le même sujet