Toutes les innovations ne sont pas bonnes.

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°779

Numéro double 779-780 : Rétrospective 2014 - Prospective 2015

En gestion d'actifs, beaucoup d'innovations se soldent par des expériences cuisantes pour les investisseurs. Cependant, elles demeurent tentantes et certaines, comme les ETF, constituent une réussite incontestable. Même les fonds de petites capitalisations ont eux aussi été, en leur temps, des innovations. Comment alors distinguer les bonnes « nouvelles idées » des mauvaises ?

Les investisseurs doivent se demander si les bénéfices potentiels de ces nouveaux produits ne sont pas annulés par une trop grande complexité, des frais plus élevés, et le risque d'en faire une mauvaise utilisation. Des fonds monétaires dynamiques aux « 130/30 » en passant par les fonds dits de performance absolue, le constat reste le même : ces stratégies étaient complexes, n'avaient pas été testées en conditions réelles de marché, et ont été commercialisées de façon agressive. Les investisseurs ont été déçus et la réputation des sociétés impliquées a été durablement ternie. Une plus grande complexité dans les produits présente un avantage pour leur promoteur : justifier des frais plus élevés ! Mais le plus gros problème reste celui du timing : ces stratégies sont presque toujours lancées au pire moment, à l'instar des fonds Internet au sommet de la bulle technologique. Exploiter l'avidité des investisseurs permet de vendre facilement dans un marché surchauffé. Cela se révèle en revanche désastreux pour bâtir une relation de confiance sur le long terme avec eux et établir une réputation de gérant responsable.

 

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