Change et taux

Immobilier US : un secteur encore déprimé

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°738

La gestion d'actIfs entre en résistance

En 2005, les ventes de logements neufs aux États-Unis dépassaient 1,3 million d’unités en rythme annuel. Début 2006, ce nombre a rapidement décru, premier signe d’une récession à venir. On connaît, malheureusement, la suite : tous les indicateurs du logement ont baissé, avant de s’effondrer à partir de 2008. Les ventes dans le neuf et les mises en chantier ont été divisées par cinq ; le nombre de ventes dans l’ancien, les prix, l’emploi dans la construction ont tous reculé de quelque 30 %. Ce qu’on appelait « crise des subprime » commençait – même si elle ne s’est pas arrêtée là.

Six ans plus tard, ce secteur important pour l’emploi, pour l’actif des ménages et pour le bilan des banques se redresse-t-il enfin ? Hélas non. Les mises en chantier, de même que les ventes de logements neufs, sont au plus bas depuis que la série a été établie, en 1963 – pour une population nettement supérieure. Si les ventes dans l’ancien sont un peu moins mauvaises, c’est que près de deux sur cinq sont en fait des ventes forcées à la suite de saisies pour impayés : elles sont réalisées avec une forte décote sur le prix, ce qui, bien sûr, soutient les ventes ! Certes, tout n’est pas au plus noir : les stocks de logements à vendre sont désormais assez bas, spécialement dans le neuf, donc tout regain de la demande entraînera l’activité. De plus, les défauts sur paiement et les mises en route de procédures de « foreclosures » ont ralenti. Il n’en reste pas moins que le secteur reste déprimé : les prix dans l’ancien sont au plus bas du cycle, deux ans après la fin de la récession ! À cela s’ajoute l’état de l’immobilier commercial, qui a presque plus souffert encore que l’immobilier de logement et ne donne guère de signe de reprise. Le taux de vacance dans les bureaux, mais aussi dans les galeries marchandes, est extrêmement élevé, ce qui pèse à la fois sur l’investissement et sur les prix. De plus, les entreprises du secteur ont des échéances de dette de 1 400 milliards de dollars (presque 10 % du PIB des États-Unis) d’ici 2014.

L’immobilier reste un frein à la reprise et un problème macroéconomique majeur, via les canaux évoqués plus haut : l’emploi, la richesse des ménages, le bilan des banques. La bulle immobilière avait représenté un large gaspillage de ressources humaines, matérielles et financières. Son éclatement a contribué au déclenchement de la crise : les autorités devront vraiment surveiller ce secteur comme le lait sur le feu !

 

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