Économie

Gestion d'actifs et risque systémique

L'auteur

  • M. Brière 2
    • Head of Investor Research Center
      Amundi
    • Managing Editor
      Bankers, Markets and Investors

Revue de l'article

Les risques liés à l’industrie de la gestion d’actifs et son caractère potentiellement systémique sont aujourd’hui sous le radar des régulateurs. Plusieurs autorités de contrôle et de régulation, dans un mouvement initié par la SEC, IOSCO, ou le FSB, examinent aujourd’hui s’il convient de renforcer la surveillance et la régulation des acteurs de la gestion d’actifs.

L’activité des gérants d’actifs est a priori très différente de celle des banques et des compagnies d’assurance. Ils ne portent pas directement les risques liés à l’investissement dans leur bilan car ils agissent pour le compte de clients. Mais la délégation de gestion peut créer des problèmes d’incitation entre investisseurs finaux et gestionnaires, et encourager des comportements déstabilisateurs. Certaines de leurs activités présentent des similitudes avec les activités bancaires. Ils peuvent par exemple créer des fonds qui sont de proches substituts des passifs monétaires des banques. Via la création de véhicules d’investissement collectifs, ils sont engagés dans différentes activités de transformation de la liquidité, et de fourniture de liquidité aux clients et aux marchés.

Plusieurs facteurs sont à même d’amplifier la vulnérabilité de l’industrie aux chocs financiers. L’environnement de taux très bas et de faible volatilité a poussé bon nombre d’investisseurs à rechercher du rendement via des investissements sensiblement plus risqués et souvent moins liquides (obligations d’entreprises, émergentes ou convertibles, loans, etc.). Des comportements moutonniers, parfois amplifiés par les contraintes réglementaires auxquels sont soumis certains investisseurs (notamment assureurs et fonds de pension), conduisent à une utilisation généralisée de certaines stratégies d’investissement. Les véhicules d’investissement collectifs qui offrent des possibilités de rachats journaliers font également face à un risque de ventes en catastrophe lorsque les conditions de marché se détériorent. Ces mécanismes sont amplifiés par l’utilisation du levier obtenu dans certains fonds via l’utilisation de dérivés (futures, options et swaps) ou les activités de prêts de titre.

De nombreuses questions se posent aujourd’hui. Quels sont les indicateurs de risque à mettre en place et à surveiller dans les fonds d’investissement ? Quels sont les outils les plus efficaces pour réduire l’incitation des investisseurs à retirer leurs fonds tous en même temps, par exemple via des mécanismes d’ajustement des valeurs liquidatives, ou de commissions de rachat qui ne pénalisent pas l’ensemble des investisseurs ?

 

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