Economie

Le challenge de la décumulation

Avec le déclin des systèmes par répartition et des fonds de pension à prestations définies, de plus en plus de décisions financières sont laissées au choix des individus, non seulement les décisions de placement pendant toute la durée de vie active, mais également le mode de décumulation des actifs pendant la période de retraite.

Arrivés à l’âge de la retraite, nombre d’épargnants doivent décider s’il souhaitent percevoir une rente ou leur capital.

L'auteur

  • M. Brière 2
    • Présidente
      Comité Scientifique du Financial Risks International Forum
    • Responsable du Centre de recherche aux investisseurs
      Amundi
    • Professeur associé
      Université Paris-Dauphine, PSL

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°825

Métiers bancaires : les évolutions s'accélèrent

Aux États-Unis, 9 200 milliards de dollars sont détenus dans des fonds de pension à cotisations définies ou des IRA [1], et les individus doivent faire le choix de décumuler leurs actifs par eux-mêmes, ou d’acheter chez un assureur une rente viagère. En Australie, les individus se voient offrir 3 choix : quasiment 50 % choisissent de récupérer leur capital, 50 % les versements programmés et une très faible minorité choisit d’acheter l’annuité (moins de 1 %). Au Royaume-Uni, le niveau très bas des taux, qui a dramatiquement renchéri le prix des rentes viagères, a conduit le gouvernement à assouplir l’obligation de sortir ses actifs en rente (voir le Pension Freedom Act de 2014). Cette réforme a fait chuter la valeur totale des contrats d’annuités vendus au profit des stratégies de retraits programmés. En France, la loi PACTE va également offrir plus de flexibilité quant au mode de sortie des produits complémentaires d’épargne retraite, la sortie en rente étant limitée aux produits à versements obligatoires.

Choisir le mode de décumulation adéquat de ses actifs à la retraite est une décision extrêmement complexe, et requiert pour l’individu l’estimation de paramètres pour lesquels l’incertitude est forte, notamment son espérance de vie, sa situation familiale à la retraite, ses dépenses de santé restant à charge en cas d’invalidité, etc. 3 % des ménages dont l’un des membres a plus de 50 ans font face à des dépenses de plus de 15 % de leurs revenus annuels nets [2]. Dans le cas d’un placement en établissement, plus de 2 000 euros par mois restent en moyenne à charge. Par ailleurs, l’offre de produits financiers pour la décumulation est encore peu adaptée aux besoins. Les individus doivent aujourd’hui choisir entre rente viagère et décumulation programmée (par exemple sous la forme de retraits représentant un pourcentage fixe du capital tous les ans), alors que la solution optimale fait appel aux deux types de produits et à des stratégies d’annuitisation graduelle adaptant la stratégie de conversion en rente à la situation personnelle et familiale des individus (santé et celle de leur conjoint), ainsi qu’au niveau des taux d’intérêt.

[1] Plans de retraite individuels.

[2] Estimation sur les pays couverts par l’enquête Share (pays européens + Israël).

 

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