Quelle est la part de marché de Natixis Interépargne ?
Selon les chiffres de l’AFG, nous détenons 25 % du marché de la tenue de comptes, ce qui correspond à la première place. L’autre grande activité de l’épargne salariale est la gestion des fonds, assurée par Natixis Asset Management qui, depuis la fusion entre CAAM et SGAM, arrive en seconde position sur ce marché, après
Comment expliquez-vous le succès de Natixis Interépargne, notamment face à une plate-forme puissante comme S2E ?
Natixis détient son propre outil informatique et cela constitue un atout précieux. En effet, nous pouvons construire des solutions spécifiques à destination des entreprises qui le demandent. Par exemple, certaines ont mis en place des règles d’abondement ou d’intéressement particulièrement complexes que nous pouvons intégrer, car nous sommes totalement maîtres à bord. L’outil informatique est également essentiel pour satisfaire les salariés épargnants qui sont nos clients finaux.
Mais la première raison de notre réussite est sans doute notre antériorité dans le métier. Notre entrée sur le marché date de 1969, suite aux
Comment le marché peut-il continuer de croître ?
De nombreuses PME ne sont pas encore équipées en épargne salariale. À l’autre extrême, les très grandes entreprises sont désormais très bien équipées, mais entre les deux, se trouvent des sociétés qui proposent déjà des PEE à leurs salariés, mais pas encore de PERCO. Elles constituent elles aussi un gisement de développement.
L’augmentation du forfait social ne va-t-elle pas éloigner les entreprises de l’épargne salariale ?
Les avantages de l’épargne salariale sont certes égratignés par cette réforme, mais cette forme d’investissement demeure très compétitive en matière de prélèvements. Du point de vue des salariés, sa fiscalité avantageuse n’a pas changé. Ce sont uniquement les entreprises qui sont visées par l’augmentation du forfait social. De plus, l’épargne salariale contribue à la qualité du dialogue social au sein de l’entreprise, mais aussi à la motivation et à la fidélisation des salariés.
Certains observateurs estiment que les fonds d’épargne salariale sont moins performants que les fonds ordinaires… qu’en pensez-vous ?
Il n’y a aucune différence de performance et les FCPE sont moins chargés en frais, donc le salarié est gagnant. D’ailleurs, les conseils de surveillance qui suivent la gestion des FCPE sont très exigeants en matière de performances.
Les FCPE offrent-ils autant de garanties pour les investisseurs que les OPCVM coordonnés (à réglementation européenne) ?
Ils sont même encore mieux encadrés. En effet, ils répondent à des règles d’investissement très strictes qui interdisent par exemple les opérations spéculatives.
Les FCPE peuvent-ils avoir une dimension internationale ?
Seulement s’il s’agit de fonds d’actionnariat salarié. Pour ces véhicules, nous offrons un site Internet, une documentation et des relevés rédigés dans un grand nombre de langues, notamment en mandarin, japonais, hébreu et nos téléconseillers parlent huit langues différentes.
Qu’ils aient ou pas une dimension internationale, ces fonds d’actionnariat salarié sont-ils accompagnés de plans à effet de levier ?
Un plan à effet de levier offre, d’une part, une garantie de l’apport personnel que le salarié a investi pour acquérir les titres et, d’autre part, une partie de la hausse du titre ; en échange, le salarié renonce à la décote offerte par l’employeur sur le prix de l’action. Cette pratique est utilisée depuis les premières privatisations et elle a connu un certain succès. Mais aujourd’hui, les entreprises sont moins favorables à leur mise en place.
Pour offrir ces plans, la banque doit se couvrir, ce qui est plus coûteux depuis que les marchés sont devenus très volatils. Ces frais supplémentaires sont-ils répercutés sur les plans qui seraient ainsi devenus moins attractifs ?
C’est une des raisons qui peut expliquer qu’aujourd’hui, on observe un retour vers la simplicité : les salariés préfèrent bénéficier de la décote et renoncent à la garantie et à l’effet de levier qui correspond souvent à une formule complexe, plus difficile à appréhender.
Les salariés ne sont donc plus intéressés par les produits offrant une garantie ?
Si, au contraire : avec la crise, nous avons élaboré des FCPE à capital garanti ou protégé qui connaissent un grand succès. La gestion ISR y est très présente, comme dans l’ensemble des FCPE que nous gérons.
Comment expliquez-vous le succès de l’ISR dans le domaine de l’épargne salariale ?
Les délégués syndicaux cherchent à développer ces fonds qui bénéficient d’une gouvernance où la voix des salariés est prépondérante. Les syndicats cherchent à influencer la politique de vote de ces fonds, même si, in fine, c’est le gérant qui vote.
Mais la politique de Natixis en matière d’ISR est avant tout guidée par des convictions fortes au niveau de la banque. Natixis Asset Management dispose d’importants moyens pour cette gestion, et il ne s’agit pas pour nous de faire du greenwashing.
MIF ne s’appliquant pas à l’épargne salariale, les teneurs de compte ne sont pas tenus de délivrer un conseil aux investisseurs. Toutefois, vous pourriez, si vous le souhaitiez, vous placer dans le champ d’application de la MIF…
Nous ne souhaitons pas nous placer dans un environnement MIF. Se conformer à cette directive serait extrêmement lourd et coûteux, ne serait-ce que pour connaître le profil de chaque salarié. Le coût de la tenue de compte serait multiplié par 10 ou 20. Le cadre actuel, supervisé par l’AMF, est tout à fait satisfaisant. Il offre un bon niveau de sécurité aux épargnants salariés grâce au rôle de « garde-fou » que jouent
Enfin, ces dernières années, le niveau de culture financière des épargnants a fortement progressé, notamment grâce aux efforts que nous avons déployés, par exemple en réalisant des vidéos et d’autres outils pédagogiques. D’ailleurs, la Commission présidée par Jacques Delmas-Marsalet sur l’épargne salariale n’a pas recommandé d’élargir le champ de la MIF à cette forme d’épargne.