L'actualité des M&A bancaires

La consolidation bancaire italienne reprend

La fusion de Banco Popolare avec Banca Popolare di Milano va donner naissance au troisième groupe bancaire du pays. Cette opération pourrait ouvrir la voie à une nouvelle vague de consolidation dans un secteur bancaire italien encore très éclaté.

1. Principales opérations de M. & A dans le secteur bancaire mondial

L'auteur

  • Pujals
    • Chargé d'études
      Bureau Van Dijk
    • Chargé de cours
      Université Paris-Descartes

Pour en savoir plus

images
  • 2. Naissance du numéro 3 de la banque italienne

    2. Naissance du numéro 3 de la banque italienne

  • 3. BP-BPM : un leader bancaire dans le nord de l’italie

    3. BP-BPM : un leader bancaire dans le nord de l’italie

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°796

Banque de détail : le modèle de distribution évolue

Après plusieurs mois de négociations, les conseils d’administration des deux banques coopératives italiennes Banco Popolare (BP) et Banca Popolare di Milano (BPM) sont parvenues à un accord de fusion provisoire (voir Encadré 1). Pour être effective avant la fin de l’année, cette fusion devra toutefois être ratifiée par les actionnaires des deux banques d’ici au 1er novembre prochain. Cette opération prévoit aussi une augmentation de capital d’un milliard d’euros pour Banco Popolare, la plus faible des deux banques en raison d’un important encours de créances douteuses. Il s’agit d’une condition suspensive posée par la BCE pour renforcer la solidité financière du nouvel ensemble. Des cessions d’actifs pourraient également s’avérer nécessaires. Les deux banques visent un ratio de fonds propres CET 1 de 13,6 %.

Ce mariage va donner naissance au numéro trois du secteur bancaire italien, derrière les mastodontes Intesa Sanpaolo et UniCredit (voir Encadré 2). Le nouvel ensemble aura une capitalisation boursière de quelque 5,5 milliards d’euros, comptera 171 milliards d’actifs, près de 2 500 agences, 4 millions de clients et environ 25 000 collaborateurs. Concernant la gouvernance, le conseil d’administration sera composé de 19 membres pendant trois ans, puis de 15 membres ensuite. Les actionnaires de BP en détiendront 54 % contre 46 % à ceux de BPM. La nouvelle banque aura deux sièges, l’un légal à Milan, l’autre administratif à Vérone. Elle sera particulièrement bien implantée dans les régions riches du nord de la péninsule – Lombardie (1er), Ligurie (2nd), Piémont, Toscane et Vénétie (3e) – avec une part de marché moyenne de 11 % (voir Encadré ​3).

Il s’agit de la première fusion annoncée depuis l’adoption en 2015 par le Parlement italien de la réforme du secteur des banques mutualistes visant à ouvrir leur tour de table et à supprimer les freins (notamment en termes de droits de vote) qui permettaient à des actionnaires minoritaires de bloquer toute évolution. Cette réforme doit être appliquée par les établissements concernés avant la fin de l’année. L’opération d’envergure entre Banco Popolare et Banca Popolare du Milano pourrait donc marquer le coup d’envoi d’un vaste mouvement de consolidation du secteur bancaire transalpin (UBI Banca, BPER, BMPS…), lequel se trouve être aujourd’hui bien plus fragmenté que ceux des pays voisins. Une multiplication des rapprochements entre banques contribuerait à renforcer la rentabilité et la solvabilité des principaux acteurs du marché.

 

Articles du(des) même(s) auteur(s)

Sur le même sujet